Macron en Chine: diplomatie du panda contre diplomatie du cheval

Pour sa première visite en Chine, Emmanuel Macron a décidé de faire les choses en grand et de faire part de son ambition de faire entrer la relation franco-chinoise «dans une nouvelle ère». Au programme: négociations portant sur des accords commerciaux, tractations diplomatiques et symboles forts.
Sputnik

La «diplomatie du cheval» n'est qu'un des symboles qu'a voulu mettre en avant le Président français envers son homologue chinois. Répondant à la diplomatie du panda, Emmanuel Macron a offert à Xi Jinping un cheval de la Garde Républicaine et l'Élysée présente ce cadeau comme «un geste diplomatique, […] un geste d'amitié envers son hôte».

Ce don cache un accord de partenariat entre la Garde Républicaine et les autorités chinoises pour, toujours selon l'Élysée, «accompagner le développement de ce secteur en Chine». L'accord inclue des missions d'expertise en Chine ainsi que la formation de soldats chinois en France.

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Cet accord n'est bien évidemment pas un cas isolé et le Président s'est déplacé en compagnie d'une délégation composée de nombreux industriels dans l'espoir de signer de gros contrats dans de nombreux domaines. L'agence de presse Reuters relayait une information selon laquelle des entreprises comme Airbus et Areva feraient partie de la délégation, à l'instar de start-ups françaises et de poids lourds comme AccorHotels, Safran, Dassault ou encore BNP Paribas.

Emmanuel Macron, dans son discours prononcé à Xian, l'une des futures étapes incontournables des «Nouvelles routes de la soie», a appelé à prendre part au projet pharaonique défendu par M.Xi. Rappelant que l'Europe avait été l'un des artisans de ces routes par le passé, il a rappelé sa volonté que «la France et l'Europe soient au rendez-vous offert par la Chine».

Il a également défendu une prise de position franche des gouvernements français et chinois pour définir les secteurs dans lesquels la Chine et l'Europe ont un intérêt mutuel à collaborer et à s'accorder sur les secteurs que chaque partie est en droit de vouloir protéger, dans le but de favoriser les échanges économiques et commerciaux. Il déclarait ainsi:

«Il faut définir avec clarté les secteurs où nous pouvons coopérer et ouvrir nos marchés de part et d'autre et ceux où nous ne voulons pas le faire.»

L'économie ne monopolisera cependant pas l'ensemble du déplacement de M.Macron en Chine. Lors de ses rencontres avec M.Xi, il est prévu que les deux hommes abordent plusieurs sujets diplomatiques majeurs.

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Le dossier nord-coréen est une source d'inquiétude pour la France et la Chine semble proche d'amener Emmanuel Macron à adopter une position plus conciliante que les autres pays occidentaux. Le Président français a déjà prôné la négociation et soulignait récemment que les sanctions devaient avoir pour but de ramener Pyongyang à la table des négociations.

Le Président français souhaiterait quant à lui associer la Chine à la lutte contre le terrorisme au Sahel. Une telle coopération permettrait en effet de soulager l'effort consenti par la France dans la région.

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Sans surprise, c'est néanmoins sur les problématiques climatiques que s'est concentré Emmanuel Macron dans son discours de Xian. Après avoir souligné la prise de conscience et de responsabilité de la Chine ces dernières années, il a rappelé que «l'accord de Paris n'aurait pas survécu» au retrait des États-Unis si Pékin n'avait pas réitéré son soutien au texte.
Il a également souligné la «nécessité d'un leadership franco-chinois» pour relancer la bataille climatique et a annoncé qu'il allait proposer à M.Xi de préparer un «réhaussement de nos engagements» en prévision de la COP24 qui aura lieu fin 2018 en Pologne.

Désireux de «faire entrer la relation [franco-chinoise] dans une nouvelle ère», il a déclaré le 8 janvier qu'il reviendrait «au moins une fois par an en Chine», et a ainsi démontré sa volonté de faire de Pékin un partenaire privilégié. Au-delà des symboles, Emmanuel Macron doit cependant corriger deux choses: l'énorme déficit commercial de la France avec la Chine et celui de l'Europe dans les nouvelles routes de la soie. Pas sûr que les chinois acceptent…

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