- Sputnik Afrique, 1920
Sommet Russie-Afrique 2026
Les 28 et 29 octobre, Moscou devient la capitale du dialogue entre la Russie et l'Afrique à l'occasion du 3e sommet Russie-Afrique. Ce rendez-vous au plus haut niveau réunira dirigeants et décideurs autour d'enjeux décisifs: économie, investissements et humanitaire.

Ahmed Kogri: “Il faut concrétiser tous les engagements pris lors des trois sommets”

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Quels résultats le Tchad attend-il de son partenariat avec la Russie ? Dans cet entretien exclusif accordé à Sputnik Afrique en marge du troisième Sommet Russie-Afrique à Moscou, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Kogri, dévoile les priorités de N’Djamena et appelle à passer des engagements politiques aux réalisations concrètes.
Pour le chef de la diplomatie tchadienne, après trois sommets Russie-Afrique, le temps est venu de passer des déclarations à l’action. Il appelle à une coopération qui associe les gouvernements, les entreprises russes et les opérateurs économiques africains.
" Il est temps de passer maintenant aux actes, il faut concrétiser tous les engagements pris lors des trois sommets Russie-Afrique ", affirme-t-il.
Parmi les priorités du Tchad figure le développement des infrastructures de transport. Pays enclavé, il souhaite renforcer ses corridors vers les ports, moderniser ses routes et développer le transport ferroviaire. Ces projets permettraient de réduire les coûts de transport, de faciliter les échanges commerciaux et de créer des emplois.
Le ministre insiste également sur l’industrialisation et le transfert de technologies. Selon lui, les ingénieurs et les cadres formés en Russie doivent pouvoir mettre leurs compétences au service du développement de leur pays. Cela suppose notamment la création d’industries capables de les employer.
L’agriculture et l’élevage occupent aussi une place importante dans le programme Tchad Connexion 2030. N’Djamena souhaite moderniser ces secteurs, transformer ses ressources sur place et réduire sa dépendance aux importations et à l’endettement.
" Tant que les richesses ne sont pas créées sur place, nos pays seront toujours poussés à être endettés. Et l’endettement nous étouffe ", souligne Ahmat Kogri.
Sur le plan sécuritaire, le ministre plaide pour une coopération renforcée avec Moscou face au terrorisme et aux trafics transfrontaliers. Il rappelle toutefois que la stabilité ne peut être durable sans développement économique, création d’emplois et amélioration des conditions de vie des populations.
" On ne peut combattre le terrorisme qu'en mutualisant nos efforts ", déclare-t-il, appelant au partage d’expériences et de moyens avec les pays partenaires.
Le ministre indique par ailleurs que plusieurs projets entre le Tchad et la Russie ont déjà été identifiés, mais que certains restent encore au stade des intentions. Il souhaite que leur réalisation devienne le principal critère d’évaluation du prochain sommet.
Pour les dix prochaines années, Ahmat Kogri défend une Afrique capable de produire et de transformer ses propres ressources afin de renforcer son autonomie économique.

" L’Afrique sortira grandie, l’Afrique sortira libre et digne [...] elle travaillera, elle produira sur place, elle transformera sur place et nous serons un continent qui peut être une puissance économique mondiale ", affirme-t-il.

Un message qui résume les attentes de N’Djamena, qui souhaite faire du partenariat Russie-Afrique un véritable levier de développement, au-delà des simples engagements politiques.
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