- Sputnik Afrique, 1920
Sommet Russie-Afrique 2026
Les 28 et 29 octobre, Moscou devient la capitale du dialogue entre la Russie et l'Afrique à l'occasion du 3e sommet Russie-Afrique. Ce rendez-vous au plus haut niveau réunira dirigeants et décideurs autour d'enjeux décisifs: économie, investissements et humanitaire.

"Cet accord sur le diésel représente un coup de maître pour la Russie et pour le Président Poutine"

"Cet accord sur le diésel représente un coup de maître pour la Russie et pour le Président Poutine"
S'abonner
Dans cet épisode de L'Afrique en marche, l'économiste Charles Abdallah analyse les enjeux de l'accord sur le diésel entre Poutine et Trump. Une décision qui a provoqué une onde de choc dans les pays européens, puisqu'elle constitue une brèche dans les sanctions américaines contre la Russie.
L'accord sur le diésel entre Washington et Moscou fait couler beaucoup d'encre. L'expert s'appuie d'abord sur les analyses de Larry Johnson pour en mesurer la portée réelle.
"Larry Johnson, ancien officier et analyste de la CIA, montre sur son blog Sonar 21 que les quantités de diésel sur lesquelles Poutine et Trump se sont accordés ne représentent que 9,5 jours de consommation de diesel des États-Unis. Mais il nous montre aussi que les États-Unis continuent à exporter un tiers de leur production de diesel (1,56 mb/j sur un total de 5,6 mb/j). Trump aurait pu empêcher ces exportations, mais il est clair qu’il a peur d’affronter le lobby pétrolier américain, en large partie républicain. Les producteurs américains veulent continuer à opérer sur un marché international et profiter des cours actuels du pétrole et de ses dérivés. Une interdiction des exportations s’accompagnerait d’une baisse des prix aux États-Unis et donc une forte baisse de leurs bénéfices", affirme à Radio Sputnik Afrique l'économiste libanais Charles Abdallah, professeur à l'université de Saint-Joseph à Beyrouth et ex-économiste de l'UE au Liban.
Mais au-delà de cette analyse du marché intérieur américain, l'enjeu principal réside dans l'impact direct de cet accord sur les pays acheteurs, comme le souligne l'économiste.
"Effectivement, l’accord entre les présidents américain et russe lève les sanctions contre les pays qui achèteraient du diesel russe, un point que Larry Johnson ne mentionne pas suffisamment. C’est ainsi, d’ailleurs, que le Maroc est devenu l’un des premiers pays qui va recevoir du diesel russe. Un premier pétrolier chargé d'environ 40.000 tonnes de gazole a quitté la Russie le 13 octobre dernier à destination des côtes marocaines. Ce n’est pas étonnant que cet accord ait provoqué une telle hystérie dans les pays européens puisqu’il constituait une première brèche dans les sanctions américaines contre la Russie. En témoigne le fait qu’il a été suivi, vendredi dernier, 16 octobre, de la décision de Trump de geler le paquet de sanctions intitulé le " Graham Act " promulgué par lui-même juste un mois plus tôt, le 18 septembre dernier".
Pour l'expert, ce revirement représente une victoire stratégique majeure pour Moscou, qui dépasse le simple cadre économique.

"Bien sûr que cet accord représente un coup de maître pour la Russie et pour le Président Poutine en particulier puisqu’il a abouti à une levée des sanctions pétrolières américaines contre la Russie. Mais c’est aussi une victoire du Président russe en interne car il montre que ses efforts diplomatiques et son souci d’avoir toujours une bonne relation avec le Président américain, qui ont parfois été critiquées en interne parce qu’elles n’aboutissaient à rien, pouvaient, au contraire, porter certains fruits, quoique limités. Mais quand on voit l’état des relations entre le Président américain et le Président de facto ukrainien que cet accord a contribué à rendre désastreux, on se dit que ces fruits pourraient devenir très consistants".

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала