- Sputnik Afrique, 1920
Avenir souverain
Traditions ressuscitées, nature préservée, peuples relevés. L’émancipation de l’Afrique passe d’abord par la prise de conscience de ses forces. Retrouvez les témoignages de celles et ceux qui bâtissent un avenir de liberté et de dignité humaine.

Importer des produits finis, c’est importer du chômage: l’alerte d’un expert minier malien

Importer des produits finis, c’est importer du chômage: l’alerte d’un expert minier malien
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Le 1ᵉʳ octobre, Aliko Dangote a posé la première pierre d’une raffinerie de 17 milliards de dollars au Kenya. Pour un expert minier malien, ce projet doit réveiller l’Afrique: tant qu’elle exporte ses matières premières brutes, elle importe du chômage.
Dans cet épisode d’Avenir Souverain, nous revenons sur le lancement, à Lamu, du complexe de raffinage et de pétrochimie de Dangote, estimé à 17 milliards de dollars, et sur ce qu’il révèle de la dépendance énergétique du continent.
Au micro de Sputnik Afrique, Djibril Diallo, expert minier et président de l’Association pour la promotion et la valorisation des ressources minérales du Mali, salue une initiative qui peut éveiller les consciences, d’autant que l’homme d’affaires nigérian a bâti sa fortune sur le ciment avant de s’attaquer au raffinage.
Pour lui, il est incohérent que l’Afrique de l’Ouest dépende de carburants raffinés ailleurs alors que le Nigeria produit du pétrole, et il voit dans cette situation la conséquence d’un manque de vision et d’une mauvaise gouvernance. L’expert applique le même raisonnement au lithium malien, rappelant que le pays gagne surtout des impôts et des taxes sur ses deux grandes mines, sans usine de batteries.
Selon lui, l’Afrique doit changer de paradigme, publier les contrats miniers avant leur signature, former ses propres ingénieurs et se méfier de guerres dont l’origine tient souvent, estime-t-il, à la convoitise des ressources.

“Le Mali a actuellement deux grandes mines de lithium de classe mondiale. Mais qu’est-ce que nous gagnons sur la chaîne de valeur ? Les impôts et les taxes. À part ça, nous ne gagnons absolument rien. Les véhicules électriques inondent le marché mondial, et les matières premières qui permettent de les fabriquer viennent de nos pays africains. Pourtant, nous sommes incapables de mettre en place une usine de fabrication de batteries à lithium. C’est révoltant. Quand on signe des accords avec nos partenaires, qu’ils soient chinois ou occidentaux, ce n’est pas grave, mais défendons nos intérêts. Une partie de cette matière première doit être transformée sur place, par des ingénieurs africains formés pour cela”, a-t-il plaidé au micro de Sputnik Afrique.

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