- Sputnik Afrique, 1920
Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

"Le système de la Françafrique traverse aujourd'hui une crise existentielle"

"Le système de la Françafrique traverse aujourd'hui une crise existentielle"
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Dans cet épisode de L'Afrique en marche, Ekaterina Abramova et Veronica Usacheva, chercheuses à l’Institut d’études africaines de l’Académie des sciences de Russie, reviennent sur le système de la Françafrique et la nécessité d'un système informationnel souverain, jouissant de ses propres infrastructures.
Selon Ekaterina Abramova, la Françafrique désigne avant tout des réseaux d’influence hérités de la colonisation. La Francophonie et les accords de "coopération" conclus après les indépendances ont permis à Paris de maintenir sa présence dans ses anciennes colonies, notamment dans les domaines de la sécurité et du développement.
"L’aide au développement n’a presque rien en commun avec la philanthropie, c’est en premier lieu l’instrument de la politique étrangère et commerciale", a affirmé à Radio Sputnik Afrique.
Elle estime que ce système traverse aujourd’hui une crise existentielle. Si la France contrôlait de facto l’exploitation des ressources de ses anciennes colonies après la décolonisation, elle doit désormais faire face à la concurrence d’autres acteurs, au premier rang desquels la Chine.
Selon la chercheuse, la Françafrique s’est construite dans un contexte de guerre froide, marqué par des zones d’influence clairement délimitées — un modèle qui ne fonctionne plus.
De son côté, Veronica Usacheva souligne que, dans un monde multipolaire, l’espace informationnel africain est devenu un champ de bataille. La numérisation et les réseaux sociaux ont permis au continent de s’exprimer davantage et de contourner les filtres médiatiques traditionnels.
Toutefois, elle relève une dépendance majeure: serveurs, plateformes et infrastructures numériques restent largement contrôlés par l’Occident. Lorsque les données sont hébergées aux États-Unis, en Europe ou à Bahreïn, des acteurs extérieurs peuvent bloquer des comptes, limiter la portée de médias souverains ou orienter les algorithmes de diffusion.
"La numérisation a offert à l’Afrique une occasion sans précédent de s’exprimer de sa propre voix", a estimé Veronica Usacheva.
Pour saisir cette opportunité, elle appelle à bâtir une infrastructure informationnelle collective:
créer des plateformes régionales africaines;
construire des centres de données indépendants sur le continent;
développer des technologies souveraines de chiffrement et de stockage des données;
former les journalistes et les professionnels des médias, un investissement dans les ressources humaines nationales.
🎙️ Retrouvez l’analyse complète dans ce nouvel épisode de L’Afrique en marche.
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