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Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

"L'Allemagne est signataire du TNP, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas s’en soucier"

"L'Allemagne est signataire du TNP, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas s’en soucier"
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Dans cet épisode de L'Afrique en marche, Me Alain Duflot, spécialiste en droit européen et international, analyse la volonté de l'Allemagne et du Japon de se remilitariser avec l'objectif d'acquérir l'arme nucléaire, et sur ce que cela pourrait provoquer comme réaction russe et chinoise, selon les articles 53, 77 et 107 de la Charte de l'Onu.
Selon Alain Duflot, depuis la chute de l’URSS et malgré les engagements de l’Otan de ne pas s’étendre vers l’Est, l’Alliance n’a cessé de se rapprocher des frontières russes. Alors qu’en 1990 elle s’arrêtait à l’Allemagne, elle est aujourd’hui présente de la Finlande à la Turquie, en passant par la Roumanie et la Bulgarie, tout en cherchant à attirer l’Ukraine dans son giron.
Dans cette configuration, ajoute-t-il, la réaction russe ne peut être que militaire, car l’Otan ne saurait reculer autrement. À ses yeux, Moscou présenterait alors son action non comme une attaque, mais comme une défense, tandis que les pays de l’Otan en profiteraient pour "diaboliser" la Russie – un scénario qu’il juge "le plus redouté".
Me Duflot rappelle également que pendant 80 ans, l’Allemagne et le Japon ont limité leurs budgets de défense, ce qui a favorisé leurs "miracles économiques".

"L’Allemagne, qui a des ambitions internationales et qui cherche également une cure de jouvence économique, est effectivement tentée, avec le soutien non dissimulé de ses alliés de l’Otan, de se remilitariser. Cet effort de guerre est une manière de revitaliser son complexe militaro-industriel et un pas vers une prédominance mondiale ou à tout le moins européenne", a affirmé le spécialiste en droit européen et international.

Pour l’heure, précise-t-il, l’Allemagne reste signataire du traité de non-prolifération nucléaire: la menace est donc surtout virtuelle, tant qu’elle ne dénonce pas ce traité. Il appelle néanmoins à une vigilance immédiate, via un contrôle strict des programmes à visée nucléaire et de la collaboration allemande au stationnement d’armes nucléaires américaines sur son sol.
"À ce jour, un pays comme la France ne permettrait pas de voir surgir une autre puissance nucléaire en Europe car cela serait perçu comme un déséquilibre dans les rapports de force au sein de l’Otan. En revanche, si les USA de Trump renonçaient à maintenir le bouclier nucléaire pour l'Allemagne, la France, comme elle le fait déjà avec les pays scandinaves, pourrait offrir sa protection nucléaire à d’autres États européens, ce qui constituerait un moindre mal".
🎙️ Retrouvez l’analyse complète dans ce nouvel épisode de L’Afrique en marche.
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