- Sputnik Afrique, 1920
Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

"La Turquie défend ses intérêts et une politique de puissance régionale en profitant de l’Otan"

"La Turquie défend ses intérêts et une politique de puissance régionale en profitant de l’Otan"
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Pourquoi Ankara a-t-elle décidé de transférer des armes à l’Ukraine, malgré le risque de tensions avec Moscou ? Dans cet épisode de L’Afrique en marche, le politologue Gilles-Emmanuel Jacquet analyse les ambitions régionales de la Turquie, ses liens avec les États-Unis et l’OTAN, ainsi que son indispensable partenariat avec la Russie.
La décision de la Turquie de transférer à l’Ukraine des missiles, des lance-roquettes, des roquettes et des obus à sous-munitions a provoqué une réaction négative de Moscou.
Selon Gilles-Emmanuel Jacquet, politologue, vice-président de l’Institut international de recherches pour la paix (GIPRI), à Genève, et enseignant en relations internationales, Ankara a notifié le Congrès américain de cet accord, qui porte sur du matériel fourni par les États-Unis et représente 280 millions de dollars.
"La Turquie a expliqué que ce transfert d’armements se faisait dans le cadre de la modernisation de ses forces armées et afin de soutenir les capacités défensives de l’Ukraine", explique-t-il à Radio Sputnik Afrique.
Pour l’expert, cette décision pourrait permettre à la Turquie de renforcer sa position auprès de Washington et au sein de l’OTAN. Elle s’inscrit aussi dans une stratégie plus large : affirmer Ankara comme une puissance régionale autonome, capable de dialoguer avec des pays appartenant à des blocs parfois opposés.
"La Turquie défend ses intérêts régionaux et une politique de puissance au niveau régional en profitant du parapluie militaire de l’Otan mais doit aussi maintenir des relations avec la Russie qui est un voisin et un important partenaire économique et commercial", souligne Gilles-Emmanuel Jacquet.
Cette relation avec Moscou reste en effet stratégique, notamment dans le secteur de l’énergie. Les deux pays coopèrent sur le projet de centrale nucléaire d’Akkuyu, construit sous la supervision de Rosatom. Mais ils sont également concurrents dans le Caucase, en Asie centrale et sur certains dossiers énergétiques et diplomatiques.
Enfin, l’expert estime que cette livraison d’armes ne devrait pas, à elle seule, modifier le cours de la guerre. Le risque majeur serait une frappe contre des sites particulièrement sensibles, tels que des centrales nucléaires ou des infrastructures militaires stratégiques. "Dans ce cas, une grave escalade serait à craindre".
​🎙️ Retrouvez l’analyse complète dans ce nouvel épisode de L’Afrique en marche.
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