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Prisons coloniales: "Il n'y avait plus la présomption d'innocence"
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Avant la colonisation, l'Afrique ne connaissait pas la prison. Les Européens l'ont imposée pour contrôler et exploiter. Aujourd'hui, cet héritage pèse : 97 %... 04.08.2026, Sputnik Afrique
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Prisons coloniales: "Il n'y avait plus la présomption d'innocence"
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Avant la colonisation, l'Afrique ne connaissait pas la prison. Les Européens l'ont imposée pour contrôler et exploiter. Aujourd'hui, cet héritage pèse : 97 % au Libéria, 88 % au Mali, 79 % au Bénin, 76 % au Niger sont en détention provisoire. Dans Le Narratif Africain, Maryam Feudjio et Nyamien Messou N'Guessan analysent cette crise.
Nyamien Messou N'Guessan, ancien ministre du Travail de Côte d'Ivoire, explique que la prison coloniale avait deux visages : une prison de droit commun pour les délits ordinaires, et une prison politique pour briser toute résistance à l'administration coloniale. Ces détenus étaient ensuite utilisés comme une main-d'œuvre gratuite pour les grands chantiers, routes, chemins de fer et ports. Pour justifier l'arbitraire, les colonisateurs ont instauré le Code de l'indigénat, où l'administrateur colonial était à la fois juge et bourreau. Ce système n'a pas disparu avec les indépendances : les États africains ont hérité des infrastructures, des méthodes et des mentalités répressives de la colonisation. Aujourd'hui, face à des systèmes judiciaires sous-financés et engorgés, des milliers de prisonniers attendent des années sans procès.
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Prisons coloniales: "Il n'y avait plus la présomption d'innocence"
Avant la colonisation, l'Afrique ne connaissait pas la prison. Les Européens l'ont imposée pour contrôler et exploiter. Aujourd'hui, cet héritage pèse : 97 % au Libéria, 88 % au Mali, 79 % au Bénin, 76 % au Niger sont en détention provisoire. Dans Le Narratif Africain, Maryam Feudjio et Nyamien Messou N'Guessan analysent cette crise.
Nyamien Messou N'Guessan, ancien ministre du Travail de Côte d'Ivoire, explique que la prison coloniale avait deux visages : une prison de droit commun pour les délits ordinaires, et une prison politique pour briser toute résistance à l'administration coloniale. Ces détenus étaient ensuite utilisés comme une main-d'œuvre gratuite pour les grands chantiers, routes, chemins de fer et ports. Pour justifier l'arbitraire, les colonisateurs ont instauré le Code de l'indigénat, où l'administrateur colonial était à la fois juge et bourreau. Ce système n'a pas disparu avec les indépendances : les États africains ont hérité des infrastructures, des méthodes et des mentalités répressives de la colonisation. Aujourd'hui, face à des systèmes judiciaires sous-financés et engorgés, des milliers de prisonniers attendent des années sans procès.
"Nous avions une prison avec deux fonctions distinctes, une prison de droit commun. Et une autre prison qui était d'une nature plus politique, puisqu'il s'agissait de faire en sorte que s'il y avait des rebelles aux instructions de l'administration coloniale, que cela ne soit pas un exemple pour d'autres. Voilà un peu les deux fonctions, et ça, ça bouleversait les équilibres de nos sociétés, puisque c'est une chose que les gens ne connaissaient pas du tout"