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Sans Détour
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Les cultures russe et européenne sont à ce point intégrées qu'il est impossible d'annuler la Russie

Les cultures russe et européenne sont à ce point intégrées qu'il est impossible d'annuler la Russie
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Dans ce nouvel épisode de Sans Détour, Natalia Tanchina, docteur ès sciences historiques, professeur à l’Académie présidentielle, chercheuse à l’Institut des recherches internationales de l’Institut d’État de Moscou des relations internationales, évoque la russophobie, d'hier à aujourd’hui.
Natalia Tanchina souligne la réticence de longue date des élites à reconnaître l’existence d’une russophobie en raison de leur proximité:

"Les élites, de part et d'autre, sont étroitement liées, elles s'observent, elles comprennent les enjeux, mais elles hésitent à rompre des relations forgées par des liens très solides. Pourtant, un regard honnête sur le passé – et les historiens sont sans doute mieux placés pour cela – montre que cette harmonie récente est une exception, non une règle".

La Crimée a toujours été un enjeu stratégique pour l’Occident; cela ne date pas de 2014:

"La guerre de Crimée, elle aussi, a été qualifiée de croisade contre la Russie – non plus pour la soumettre au catholicisme, mais pour l'affaiblir, ce que l'on appellerait aujourd'hui une défaite stratégique".

Les sources de la russophobie diffèrent historiquement selon les pays. Comme l’explique Natalia Tanchina:

"Les Français sont également très rationnels, mais ce sont avant tout des théoriciens. En France, cette russophobie s’est notamment construite après la fin des guerres napoléoniennes. Pour les Français, l’exagération des menaces venant de Russie constituait une sorte de réaction compensatoire après la défaite subie par l’armée napoléonienne, notamment lors de la campagne de Russie. Chez les Britanniques, il s’agissait plutôt d’un mécanisme rationnel de rivalité et de lutte d’influence entre la Russie et la Grande-Bretagne".

Cette montée du néonazisme, observée aujourd'hui en Ukraine et dans les pays baltes, est pour Natalia Tanchina profondément liée à la russophobie:

"Je le dis souvent: la russophobie est le racisme et le néonazisme du XXIᵉ siècle. Car qu'est-ce que la russophobie? C'est cette même idée d'exceptionnalisme, cette idéologie qui consiste à présenter la Russie et les Russes comme quelque chose d'arriéré, ne pouvant susciter que de l'aversion, voire de la haine, comme étant à un niveau de développement inférieur".

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