- Sputnik Afrique, 1920
Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

"Le défi de la France est son incapacité à rompre avec les réflexes de la période coloniale"

"Le défi de la France est son incapacité à rompre avec les réflexes de la période coloniale"
S'abonner
Dans cet épisode de L'Afrique en marche, Serge Espoir Matomba, Premier secrétaire du parti du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS), décortique la nouvelle approche diplomatique et économique de la France en Afrique.
Serge Espoir Matomba estime que le principal défi de la France en Afrique tient à sa difficulté à rompre avec des réflexes hérités de la période coloniale. Selon lui, les relations ont longtemps reposé sur une logique verticale, où les priorités africaines étaient subordonnées aux intérêts stratégiques de Paris, alors même que l’Afrique actuelle exige des partenariats fondés sur la souveraineté, le respect mutuel et la réciprocité.
"Si la France souhaite réellement ouvrir une nouvelle page, elle devra accepter de ne plus être un tuteur mais un partenaire parmi d’autres. Ce changement ne se mesurera pas dans les discours, mais dans les actes et dans la capacité à écouter les aspirations des Africains. […] La France doit comprendre que le monde a changé et que l’Afrique a changé avec lui. L’époque où une puissance extérieure pouvait prétendre exercer une influence exclusive sur notre continent est révolue", a affirmé Serge Espoir Matomba.
Dans cette perspective, il rappelle que les États africains diversifient désormais leurs partenariats avec la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie, les pays du Golfe, une dynamique qui ne vise pas la France mais traduit la volonté de choisir librement leurs alliances en fonction de leurs intérêts nationaux. Il ajoute que Paris ne pourra conserver un rôle significatif qu’en abandonnant toute logique néocoloniale au profit d’une relation fondée sur l’égalité, la transparence et le respect des souverainetés.
Sur le plan économique, Matomba juge qu’un véritable changement de paradigme restera limité tant que la question de la souveraineté monétaire ne sera pas résolue. À ses yeux, le débat sur le franc CFA dépasse la seule question monétaire et renvoie à la capacité des États africains à définir leurs politiques économiques. Il insiste sur la nécessité pour le continent de contrôler ses instruments financiers afin de soutenir:
l’industrialisation;
la transformation agricole;
le développement.
"La perspective d’une monnaie africaine adossée aux richesses du continent mérite donc d’être examinée avec sérieux, rigueur et pragmatisme. Toutefois, la réussite d’un tel projet dépendra avant tout de la volonté politique des États africains, de leur intégration économique et de leur capacité à construire des institutions fortes au service des peuples africains".
► Vous pouvez écouter ce podcast aussi sur les plateformes suivantes : Apple PodcastsAfripodsDeezerCastboxPodcast AddictSpotify
Et pour écouter tous nos podcasts en français appuyez ici!
Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала