La Côte d'Ivoire durcit son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux

© AP Photo / BEN CURTISA bank teller counts piles of old-style West African CFA Franc banknotes at a bank in Dakar, Senegal Monday, Sep. 13, 2004.
A bank teller counts piles of old-style West African CFA Franc banknotes at a bank in Dakar, Senegal Monday, Sep. 13, 2004.  - Sputnik Afrique, 1920, 13.06.2026
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Figurant sur la "liste grise" du Groupe d’Action Financière (GAFI) depuis octobre 2024, la Côte d’Ivoire durcit la traque contre les blanchiments d’argent, avec à la clé un dispositif de veille et de contrôle rigoureux afin de mettre un terme à ce fléau, indique-t-on de source officielle à Abidjan.
Ainsi, pour une meilleure traque des fonds dits "sales" issus de la corruption, du trafic de drogue ou des détournements de fonds, le Pôle Pénal Economique et Financier en tant que tribunal spécialisé s’appuie désormais sur un levier juridique majeur, à savoir : "le blanchiment de capitaux autonomes", a fait savoir le Procureur de la République près cette juridiction, Jean Claude Aboya, qui animait une conférence de presse dans la métropole économique ivoirienne.
Ce dispositif consiste à faire passer l’argent illicite dans le circuit normal de l’économie pour lui conférer une apparence "propre" et "légale" en vue de son utilisation, a-t-il expliqué, notant que la mise en œuvre de cette mesure, telle que consacrée par une ordonnance de 2023, peut être mise en œuvre indépendamment de toute condamnation ou de toute identification préalable de l’infraction d’origine.
Et de poursuivre que contrairement aux procédures classiques, le blanchiment autonome permet d’engager la poursuite et la condamnation du suspect sans attendre la preuve ou le jugement de l’infraction d’origine.
Autrement, dès que les flux financiers, le patrimoine ou les éléments matériels prouvent l’origine manifestement illicite des biens, le Pôle pénal économique et financier peut intervenir.
Tout en rappelant que les autorités compétentes font appel à des technique d’enquête affinées entre autres, la veille numérique et des investigations proactives, le magistrat a fait savoir que les secteurs à haut risque sont ciblés en priorité, à l’instar de l’immobilier, considéré comme voie privilégiée pour les criminels pour recycler durablement les fonds illicites.
Et de faire savoir que la riposte n’est pas uniquement réduite à l’emprisonnement mais aussi, à l’enclenchement des procédures de saisie et de confiscation, louant au passage le rôle joué par l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC) dont la gestion du butin criminel.
Selon le bilan du Pôle Pénal Economique et Financier (PPEF), quelque 1.964 procédures ont été traitées, 819 jugements rendus et près de 22,9 millions d’euros (15 milliards Fcfa) saisis sur des comptes bancaires depuis 2022, selon des données officielles communiquées début mai 2026.
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