Sputnik a organisé une table ronde d'experts à l'occasion de la Journée de l'Afrique

© Sputnik . VITALIY BELOUSOV
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Les experts ont débattu de la manière dont la montée de l'instabilité mondiale et l'aspiration des États africains à un monde multipolaire transforment les formats de coopération bilatérale, faisant passer les relations russo-africaines d'un plan strictement économique au cœur des décisions géopolitiques et stratégiques.
À cet événement, organisé à l'occasion de la Journée de l'Afrique ont participé:
Hassan Khannenje, directeur de l'Institut international d'études stratégiques HORN,
Philani Mthembu, directeur exécutif de l'Institut du dialogue mondial d'Afrique du Sud,
Moctar Seck, chef de la division Innovation et Technologies de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique,
Dareskedar Taye, chercheur principal à l'Institut des affaires étrangères d'Éthiopie,
Viktoria Boudanova, directrice de Sputnik Africa,
Vsevolod Sviridov, directeur adjoint du Centre d'études africaines de l'Université nationale de recherche HSE,
Claire Amouhaya, maître de conférences au département de théorie et d'histoire des relations internationales de l'Université russe de l'amitié des peuples Patrice Lumumba.
Moctar Seck, chef de la division Innovation et Technologies de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, a évoqué le développement de la coopération russo-africaine dans le domaine de l'intelligence artificielle et des technologies numériques. L'expert a particulièrement souligné le potentiel des initiatives conjointes dans ce secteur:
"Des progrès significatifs ont été accomplis entre la République du Congo et le gouvernement russe afin que le Centre africain d'intelligence artificielle ait un impact plus large sur le continent. Le renforcement des capacités est une question clé. Et nous, à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, nous avons déjà un partenariat avec l'université de Moscou, la HSE."
Hassan Khannenje, directeur de l'Institut international d'études stratégiques HORN, a souligné la nécessité d'établir un cadre systémique pour l'interaction entre la Russie et l'Afrique à tous les niveaux. L'expert a fait observer que c'est précisément cet élément qui fait défaut dans les relations actuelles:
"Un engagement stratégique ciblé aux niveaux local, régional et continental est indispensable. Il manque un système clair et réfléchi d'interaction dans plusieurs secteurs et à plusieurs niveaux entre la Fédération de Russie et le continent africain."
Dareskedar Taye, chercheur principal à l'Institut des affaires étrangères d'Éthiopie, a exposé les perspectives de la coopération bilatérale entre la Russie et l'Éthiopie dans le contexte des transformations mondiales et de leurs répercussions sur les pays africains. Il a particulièrement insisté sur l'importance de la coopération russo-africaine en matière de sécurité alimentaire:
"La pandémie de Covid-19 nous a montré que l'Afrique doit se concentrer sur la production de sa propre alimentation. Les perturbations continues des chaînes d'approvisionnement mondiales ont de graves répercussions sur le niveau de vie en Afrique, c'est pourquoi les efforts visant à développer les relations entre la Russie et l'Afrique doivent être orientés vers la résolution de ce problème crucial."
Philani Mthembu, directeur exécutif de l'Institut du dialogue mondial d’Afrique du Sud, a souligné le caractère stratégique des relations russo-africaines:
"Alors que nous assistons à une diffusion du pouvoir dans la politique mondiale, l’Afrique utilise ses relations stratégiques avec la Russie pour élargir son espace politique lorsqu’elle dialogue avec d’autres grandes puissances. Cela devient donc très important, particulièrement alors que nous célébrons la Journée de l’Afrique."
Viktoria Boudanova, directrice de Sputnik Afrique, a présenté le développement de la coopération médiatique entre la Russie et les pays d'Afrique. L'experte a mis en avant l'importance d'élargir la présence informationnelle sur le continent et de coopérer avec les partenaires médiatiques locaux:
"L'année dernière, nous avons ouvert notre premier bureau au cœur même de l'Union africaine. Nous restons le seul média russe à émettre en amharique. Notre équipe éthiopienne produit des programmes radio et des contenus d'information pour des projets en ligne sur toutes les plateformes populaires, et développe également un site en amharique. La cérémonie d'inauguration s'est déroulée en présence de hauts responsables politiques russes et éthiopiens."
Vsevolod Sviridov, directeur adjoint du Centre d'études africaines de la HSE, a attiré l'attention sur la diversification de la coopération russo-africaine, qui dépasse désormais les secteurs traditionnels:
"Ces dernières années, l'idée s'est répandue que les relations entre la Russie et l'Afrique se concentrent principalement autour de l'agriculture, de l'énergie, du pétrole et du gaz, et du matériel militaire. Ce sont des domaines de coopération traditionnels qui existent depuis une vingtaine d'années. Cependant, je tiens à souligner qu'au cours des trois ou quatre dernières années, les relations russo-africaines se diversifient de plus en plus."

Vsevolod Sviridov
© Sputnik . VITALIY BELOUSOV
Claire Amouhaya, maître de conférences au département de théorie et d'histoire des relations internationales de l'Université Patrice Lumumba, a évoqué les perspectives de coopération entre la Russie et les pays d'Afrique dans les domaines de l'énergie, des minerais critiques et des ressources en eau. Elle a souligné l'importance d'intégrer les États africains aux institutions énergétiques internationales:
"Quand on parle de la Tanzanie, du Cameroun ou du Ghana, malgré le fait que leurs ressources naturelles soient relativement limitées, il est tout de même très important qu'ils soient impliqués dans les institutions créées par la Russie ou avec sa participation, ce qui leur permettra de développer et d'explorer de manière autonome leurs propres capacités."

Claire Amuhaya
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