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Sans Détour
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Ilnitski: Les élites atlantistes européennes contre les peuples

Ilnitski: Les élites atlantistes européennes contre les peuples
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Dans cette émission de Sans Détour, Andreï Ilnitski, conseiller d’État de 3ᵉ classe, membre du Présidium du Conseil pour la politique extérieure et la défense, chercheur à l’Université militaire auprès du ministère de la Défense, discute de la militarisation de l’Europe et de l’impact dans les relations avec la Russie.
Comme le souligne Andreï Ilnitski, la Russie modifie sa position quant à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE:

"Je pense que l’Europe ne comprend pas que nous, nous le comprenons. Oui, nous avons connu pendant un temps une sorte d’aberration, quand nous étions farouchement opposés à l’entrée de l’Ukraine, par exemple, dans l’OTAN, mais pour l’UE, eh bien, l’UE… Et pourquoi pas? Je vais exprimer mon point de vue, et ce point de vue est désormais présent dans la communauté des experts russes, et pas uniquement chez les experts, mais aussi au sein des élites. Nous suivons de très près la situation en Europe, au sein de l’UE, dans le contexte non seulement des déclarations de Macron, mais plus généralement de ce qui a commencé, et ce qui a clairement commencé, c’est la militarisation de l’Europe. (...) C’est pourquoi la Russie ne considère plus comme anodin de laisser l’Ukraine adhérer à l’UE".

Selon Andreï Ilnitski, une armée européenne serait extrêmement dangereuse pour la Russie:
"Parce qu’idéologiquement, elle sera construite précisément sur l’idée de la lutte contre la Russie, et que sa base en effectifs sera constituée de ces mêmes serfs de combat venus d’Ukraine. Mais ce sont les Européens qui les commanderont".
Au lieu de défendre les intérêts européens, les élites ont besoin d’un projet de guerre avec la Russie:
"Il y a trop d’intéressés dans les élites, du complexe militaro-industriel à l’eurobureaucratie, pour qui le projet de guerre contre la Russie – pas la guerre elle-même, mais le projet de guerre contre la Russie – est absolument indispensable, d’une part pour s’enrichir par la corruption, d’autre part pour assurer leur longévité politique".
Selon Andreï Ilnitski, la question de la difficile détermination des alliés et des ennemis par la Russie sera naturellement réglée quand la Russie aura réussi à se déterminer elle-même positivement:

"Nous, nous ne nous précipitons pas pour nous définir par rejet de quelque chose. Il me semble que le moment est venu pour nous de définir qui nous sommes, ce que nous sommes, pourquoi nous sommes. C’est de là que viendront les réponses sur l’identité de nos alliés, parce que voilà, on nous le demande, et parfois je me pose la question à moi-même: qui sont nos alliés, et pourquoi sont-ils parfois si changeants? Or, les alliés ne naissent pas de l’argent. Si quelqu’un est avec toi pour de l’argent, un autre lui en donnera davantage. Les alliés naissent d’une communauté de buts, d’une communauté de certaines valeurs, et en fin de compte, d’une communauté d’ennemis. Mais même identifier les ennemis n’est possible qu’après avoir répondu à la question: qui sommes-nous?"

Comme l’explique Andreï Ilnitski, la Russie s’est déjà stratégiquement adaptée à la montée de la menace nucléaire:

"Selon les estimations du SIPRI, l’institut suédois spécialisé dans les statistiques militaires, en 2025-2026, la Russie dispose de 5 550 à 5 900 ogives. Les États-Unis occupent la deuxième place avec 5 200 ogives, la Chine la troisième avec 600 – et elle augmente rapidement son arsenal. La France : 290 ogives, le Royaume-Uni: 225 ogives (...). Nous savons tout cela, et nous le prenons avec le plus grand sérieux – avec tout le sérieux nécessaire, pas avec agressivité, simplement avec tout le sérieux. Et la création du district militaire de Léningrad en réaction à l’entrée de la Finlande dans l’OTAN, et, bien entendu, l’état de mobilisation différent – vous avez évoqué Kaliningrad – de toutes nos structures déployées aux frontières occidentales. Et le déploiement d’armes nucléaires tactiques en Biélorussie: tout cela, remarquons-le, ne relève pas de la préemption, mais d’une réponse à toutes ces actions de rapprochement et aux menaces, rhétoriques et concrètes, que font peser les Européens à l’égard de la Russie".

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