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Chagov: La réécriture de l’histoire a commencé immédiatement à la fin de la Seconde Guerre mondiale

Chagov: La réécriture de l’histoire a commencé immédiatement à la fin de la Seconde Guerre mondiale
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Dans cette émission de Sans Détour, Andreï Chagov, docteur en histoire, maître de conférences à l’Académie militaire de l’État-major des forces armées de la Fédération de Russie, colonel, discute de la dimension symbolique du 9 mai en Russie et de la réécriture de l’histoire en Occident.
La Russie condamne aujourd’hui la négation du génocide du peuple soviétique, qui n’est pas reconnu par la communauté internationale, qui elle ne retient que le génocide du peuple juif. Comme l’explique Andreï Chagov:

"En réalité, les faits sont là: des millions de citoyens soviétiques sont morts pendant cette guerre précisément à cause des troupes allemandes et des autorités d’occupation allemandes. Ce n’est un secret pour personne, un grand nombre de militaires soviétiques ont été faits prisonniers durant la première période de la guerre, et beaucoup d’entre eux sont tout simplement morts de faim, de maladie, ou à cause de ce qu’ils ont subi. Il n’y avait aucune norme à respecter à l’égard des prisonniers de guerre. On les utilisait comme main-d’œuvre esclave, ils construisaient des fortifications secrètes. Après l’achèvement des travaux, on les tuait pour que l’information ne s’échappe pas. Il y a donc énormément de faits confirmant que le génocide a bien visé les personnes de nationalité slave en Union soviétique".

La réécriture de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale a été confiée dès la fin de la guerre par les Américains aux Allemands. Comme le précise Andreï Chagov:
"L’écriture de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale a été confiée aux vaincus. Autrement dit, les Américains, dans leur zone d’occupation, ont rassemblé environ 300 généraux, amiraux, officiers supérieurs de l’état-major général allemand et d’autres organes de commandement, et ont constitué un groupe sous le commandement du chef de l’état-major général allemand. Et ce groupe a décrit la Seconde Guerre mondiale à travers les yeux des Allemands pendant plus de dix ans. Et naturellement, cette histoire – car, comme on dit, c’est celui qui paie qui commande la musique – a été écrite à l’avantage des Américains".
Ce discours était porté par le cinéma américain, qui a passé sous silence le front de l’Est:
"Ainsi, dans le cinéma occidental, les opérations de débarquement en Sicile ou en Crète, ou le débarquement en Italie, tout cela est présenté comme des opérations si puissantes qu’elles seraient sans comparaison dans la pratique mondiale, alors qu’il est bien connu que 80 % du potentiel militaire allemand a été broyé sur le front soviéto-allemand, précisément là-bas. C’est là, comme dans un trou noir, que sont allées les divisions allemandes, les renforts, toute la production du complexe militaro-industriel allemand – et pas seulement allemand, car toute l’Europe travaillait pour la machine de guerre allemande".
Si l’aide américaine était importante, elle fut en réalité surestimée, afin de légitimer leur position dominante. Comme le précise Andreï Chagov:
"Les États-Unis cherchent à légitimer et à affirmer leur domination dans le monde, à montrer au monde entier qu’ils sont grands et qu’ils l’ont toujours été, y compris que la victoire dans la Seconde Guerre mondiale est leur mérite. Eh bien, comme je l’ai dit précédemment, ce que les Américains présentent au monde – à savoir qu’ils nous ont aidés avec le prêt-bail. Par exemple, toute l’aide que les Américains ont fournie au titre du prêt-bail représentait environ 4 % de tout ce qui était nécessaire à la guerre. Mais il faut noter, pour être juste, qu’il y avait certains produits qui nous étaient vitalement nécessaires".
Comme l’affirme Andreï Chagov, une guerre ne se gagne pas uniquement grâce au matériel, mais grâce aux hommes, à leur force morale:
"Les frappes allemandes étaient donc très puissantes et douloureuses. Et globalement, l’Armée rouge a beaucoup souffert des frappes initiales. Mais ce que les stratèges allemands eux-mêmes ont noté, c’est qu’ils n’avaient rencontré nulle part en Europe un tel moral, une telle résistance. Et c’est précisément cette ténacité, cette disposition au sacrifice, ce sont précisément ces qualités qui déterminent le succès dans toute guerre".
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