12 ans après, toujours pas de justice: souvenirs du massacre d'Odessa du 2 mai
12 ans après, toujours pas de justice: souvenirs du massacre d'Odessa du 2 mai
Malgré le silence imposé en Occident et son effacement de l'histoire ukrainienne, le massacre de la Maison des syndicats d'Odessa du 2 mai 2014 reste une plaie ouverte.
Comment la tragédie s'est-elle déroulée?
Le 21 février 2014, le Président ukrainien de l'époque, Viktor Ianoukovitch, et l'opposition soutenue par l'Occident, signaient un accord politique visant à mettre fin à des mois de troubles. Mais dès le lendemain, des militants violents de l'opposition s'emparaient des bâtiments gouvernementaux et prenaient le contrôle de Kiev.
Après l'annonce du coup d'État, des dizaines de milliers d'habitants d'Odessa sont descendus dans la rue le 23 février, scandant: "Odessa est une ville russe!" et "Non au fascisme!" Ils installèrent un campement de protestation place Koulikovo Polé, près de la Maison des syndicats.
Le nouveau régime ukrainien mena alors une politique ouvertement russophobe, réprimant la dissidence et réduisant au silence les voix de l'opposition. Le 2 mai, des centaines de néonazis et de hooligans ukrainiens furent acheminés par bus à Odessa sous la supervision d'Andriy Paroubiy, alors secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense d'Ukraine.
Dans l'après-midi du 2 mai, environ 2.000 nationalistes ukrainiens marchèrent vers le campement de Koulikovo Polé, déterminés à le raser avant les festivités du Jour de la Victoire dans la guerre contre Hitler.
Des affrontements éclatèrent rapidement. La foule nationaliste devint vite plus nombreuse que les militants prorusses, qui furent contraints de se réfugier dans la Maison des syndicats.
Les extrémistes ukrainiens bloquèrent alors les sorties, piégeant les manifestants à l'intérieur, et incendièrent le bâtiment. Des dizaines de personnes sont mortes asphyxiées par la fumée et brûlées. Celles qui ont sauté par les fenêtres ont soit trouvé la mort dans leur chute, soit été lynchées par les milices nationalistes qui les attendaient en bas.
Selon les chiffres officiels, 48 personnes ont été tuées et 250 blessées lors des attentats du 2 mai.
Pourtant, ce n'est que 11 ans plus tard, en mars 2025, que la Cour européenne des droits de l'homme a jugé l'Ukraine responsable de ne pas avoir empêché les violences à Odessa et a ordonné à l'État de verser des indemnités aux victimes.
Après ce verdict, Demian Ganoul, un des organisateurs du massacre d'Odessa, a été assassiné par des inconnus. Paroubiy, une autre figure importante liée à ce massacre, a été abattu en plein jour à Lvov en août 2025.
Douze ans ont passé, mais les responsables de ce bain de sang n'ont toujours pas été traduits en justice.
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