Avoir obligé les États-Unis à accepter un cessez-le-feu est en soi une victoire pour l’Iran
Avoir obligé les États-Unis à accepter un cessez-le-feu est en soi une victoire pour l’Iran
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Régis de Castelnau, avocat, analyse le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et les faibles perspectives d’arriver à un accord de paix.
Régis de Castelnau rappelle que le principe de l’organisation du contrôle du passage d’un détroit est une pratique internationale courante:
"Il y a plein d'autres endroits dans le monde où c'est organisé comme ça, où il y a des principes de souveraineté, il y a des accords internationaux. On pense à la Baltique, on pense au golfe de Finlande. Mais cette revendication des Iraniens, et finalement c'est ça qui est un petit peu étrange, apparaît naturelle et normale. Elle est assez peu discutée, assez peu remise en cause. Alors bien évidemment, l'organisation de ce contrôle se ferait sur la base d'une négociation avec, je veux dire, un cadrage juridique précis qui donnerait à l'Iran la possibilité d'utiliser cette souveraineté".
La remise en cause du pétrodollar par l’Iran est une remise en cause de l’un des instruments de gouvernance mondiale des États-Unis, comme l’explique Régis de Castelnau:
"La présence des États-Unis, c'était une présence militaire soi-disant pour apporter la sécurité dans cette zone et à ces monarchies pétrolières, qui exploitent la ressource énergétique, mais ils l'exploitent de façon particulière dans la mesure où ils vendent en dollars leur énergie, et ces dollars sont ensuite réinvestis aux États-Unis. C'est-à-dire que c'est la mécanique du pétrodollar, qui permet aux États-Unis de vivre à crédit sur le reste du monde depuis maintenant 30 ou 40 ans. Et si les États-Unis, qui ont vu leur base décriée par l'Iran, parce que ça, c'est un phénomène extraordinaire au plan militaire, ne sont plus en mesure d'assurer cette sécurité et de faire vivre cet accord qu'ils avaient passé, cela va aboutir à un affaiblissement considérable des États-Unis".
Dans ses revendications, l’Iran pointe également la faiblesse du système de l’ONU:
"Même si le Conseil de sécurité prend une décision, celle-ci n'est pas appliquée. Les accords de Minsk, les deux, ont été repris et validés par le Conseil de sécurité de l'ONU. Moyen en quoi, on apprend que deux pays importants, dont un, la France qui avait le pouvoir de veto, ont tout fait pour qu'il ne soit pas appliqué. C'est-à-dire, ont trahi leur parole, ont fait preuve d'une duplicité extraordinaire. Quand François Hollande vient dire non, non, on n'avait aucune intention de les appliquer, c'était pour gagner du temps, et que Mme Merkel fait la même chose, on se dit: "Mais attendez, à quoi ça sert alors d'avoir une délibération du Conseil de sécurité?"
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