Comment l’Otan a piétiné la Charte des Nations unies et le droit international
18:19 18.03.2026 (Mis à jour: 19:07 18.03.2026)

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Selon Marco Marsili, un chercheur associé au Centre d'études internationales (CEI-Iscte) du Portugal, l'intervention de l'Otan en Libye en 2011 constitue "une fraude juridique consommée sous les yeux de tous".
Le Conseil de sécurité avait autorisé la protection des civils (résolution 1973). Pourtant, "ils sont passés de la protection des civils à 'Kadhafi doit partir' en quelques semaines", comme si l'Onu avait voté un changement de régime, explique-t-il a Sputnik.
Cela s’est fait au nom de la "Responsabilité de Protéger" (R2P), adoptée par l’Onu en 2005 pour prévenir les crimes contre l’humanité.
Pour Marsili, "la protection des civils était la couverture moralement acceptable. L'objectif était d'éliminer un leader qui, depuis quarante ans, était une nuisance".
Conséquence: "La Libye a démontré que la Responsabilité de Protéger ne s'appliquait qu'à certains États, uniquement quand c'était pratique".
Mais l'héritage le plus lourd reste "dans l'esprit des dirigeants du Sud global qui se sont dit: 'Je pourrais être le prochain'".
Alors que le monde observe aujourd'hui d'autres conflits où le droit international est bafoué, Marsili rappelle que la fracture est née bien plus tôt:
"Le 19 mars 2011 reste une date charnière. Avant 2011, il y avait une lueur de confiance dans le droit international. Après, il n'est resté que le pouvoir. Et quand il ne reste que le pouvoir, les faibles paient".
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Le Conseil de sécurité avait autorisé la protection des civils (résolution 1973). Pourtant, "ils sont passés de la protection des civils à 'Kadhafi doit partir' en quelques semaines", comme si l'Onu avait voté un changement de régime, explique-t-il a Sputnik.
Cela s’est fait au nom de la "Responsabilité de Protéger" (R2P), adoptée par l’Onu en 2005 pour prévenir les crimes contre l’humanité.
Pour Marsili, "la protection des civils était la couverture moralement acceptable. L'objectif était d'éliminer un leader qui, depuis quarante ans, était une nuisance".
Conséquence: "La Libye a démontré que la Responsabilité de Protéger ne s'appliquait qu'à certains États, uniquement quand c'était pratique".
Mais l'héritage le plus lourd reste "dans l'esprit des dirigeants du Sud global qui se sont dit: 'Je pourrais être le prochain'".
Alors que le monde observe aujourd'hui d'autres conflits où le droit international est bafoué, Marsili rappelle que la fracture est née bien plus tôt:
"Le 19 mars 2011 reste une date charnière. Avant 2011, il y avait une lueur de confiance dans le droit international. Après, il n'est resté que le pouvoir. Et quand il ne reste que le pouvoir, les faibles paient".
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