La loi algérienne de criminalisation de colonisation "va peut-être enclencher un effet domino"
La loi algérienne de criminalisation de colonisation "va peut-être enclencher un effet domino"
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Dans cet épisode de Regards Honnêtes, Charly Kengne, spécialiste des questions géopolitiques, analyse les raisons de l'adoption en 2025 d’une loi qualifiant la colonisation française en Algérie de "crime d'État" et son importance pour l'Afrique.
Selon Charly Kengne, cette décision historique a une portée importante pour l'Algérie, car elle ancre la mémoire de la colonisation dans le champ législatif, rendant toute normalisation diplomatique conditionnée par la reconnaissance préalable de ce crime. Pour l'Afrique, c'est un précédent qui montre que les États ne se contentent plus de discours, mais utilisent leurs propres institutions pour définir leur passé, défiant ainsi le récit métropolitain.
“L'Algérie se sent désormais assez forte, notamment grâce à ses partenariats stratégiques avec les BRICS. Elle se doit justement d'exiger un minimum. Et un minimum de clarté dans le cadre de son passé vis-à-vis justement de la France de nature, à amener non seulement cette vérité historique, mais aussi à laisser un héritage pour les générations futures,” a souligné l’expert.
D'après ce dernier, c’est à Paris d’expier ses crimes coloniaux pour rester un partenaire admissible. Loin de cette brouille diplomatique dans le cadre justement de la démarche algérienne, cela place l’Hexagone devant ses responsabilités.
“Si l'Union africaine soutient cette démarche d'une seule voie, l'Occident ne pourra plus traiter la question des réparations comme une simple révendication militante, mais beaucoup plus comme une condition justement de la coopération internationale qui lie l'UE à l'Afrique et qui va peut-être enclencher un effet domino qui va avoir pour conséquence une réalité, même un rebattage des cartes d'un certain nombre de pays et de puissances à l'échelle internationale dans le cadre de leur coopération vis-à-vis des États africains”.
