- Sputnik Afrique, 1920
Sans Détour
Toute l'actualité géopolitique sur la guerre en Ukraine, l'Otan et la Russie sans détour, c'est maintenant sur Sputnik Afrique.

Macron et le dialogue avec la Russie: vers une prise en compte de la réalité?

Macron et le dialogue avec la Russie: vers une prise en compte de la réalité?
S'abonner
Dans cet épisode de Sans Détour, Gilles Rémy, PDG CIFAL International Services, conseiller du Commerce extérieur de la France (1994-2023), membre du Bureau de l’association Dialogue franco-russe, revient sur les déclarations d’Emmanuel Macron quant à la restauration du dialogue avec la Russie.
Pour Gilles Rémy, il y a une évidence en ce qui concerne ce conflit en Ukraine, qui oblige Macron à vouloir restaurer un certain dialogue avec la Russie :
"Le Donbass ne reviendra jamais dans la sphère de l'Ukraine. À partir de là, le conflit alimenté par les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine peut durer des mois et des mois. Aujourd'hui tout le poids économique reposent sur l'Europe, ces 90 milliards qui ont été votés, mais qui ne seront pas suffisants. L'Europe est face à un défi, alors qu'elle a des difficultés économiques majeures, c'est de tenir à bout de bras l'économie d'un pays qui est failli, l'Ukraine, mais qui est un grand pays en termes de nombre d'habitants. Même s'il y a deux fois moins d'habilitants qu'en 1991, ça reste quand même un poids qui est insupportable à terme pour l'Europe et avec des opinions publiques qui évoluent".
Pour autant, Gilles Rémy explique pourquoi il n’y a aucune indépendance de l’Europe par rapport aux États-Unis:
"L'Union européenne, telle qu'elle a été créée, telle qu'elle s’est construite, telle qu'elle existe, a été une créature américaine et nous avons des élites qui sont totalement fabriqués. Le discours, y compris le discours du Président français sur la nécessité de se construire indépendamment des États-Unis est en complète contradiction avec ce qu'il a pu faire au cours des 9 dernières années ou même plus de son mandat, puisque rappelons-nous qu'avant même d'être Président de la République, il avait participé à ce qui a été la plus grande opération du grand pillage technologique qu'on ai vu au profit des Américains avec la vente d'Alstom. Depuis en neuf ans, c'est 1500 entreprises françaises, certaines stratégiques, de haute technologie, qui ont été achetées par les Américains. Donc l'exemple de la politique économique française en la matière montre bien qu'il n'y a pas de volonté de se dégager" de l’emprise américaine.
Pour autant, Gilles Rémy souligne la rupture idéologique entre les élites européennes et américaines:
"L'Europe tient, en grande partie, à une idéologie politique et notamment, plus récemment, cette idéologie woke, notamment, qui vient des États-Unis. Tout est parti des campus américains dans les années 60, comme 68 en France, qui était la première révolution de couleur. Simplement, il s'est passé quelque chose aux États-Unis quand même avec l'élection de Trump. Il y a une rupture idéologique avec le passé, et à la différence de l'Europe, les États-Unis restent un État souverain. Ils ont des frontières qu'ils défendent, ils ont des intérêts qu'ils défendent, et aujourd'hui on est sorti d'une forme d'hypocrisie. Ils ont toujours défendu leurs intérêts économiques, mais aujourd'hui, c'est avoué. L'Europe, elle, effectivement, est devenue, je pense, c'est un peu le refuge des représentants, des idéologues de l'état profond américain, de la culture woke qui est dans nos universités, qui est à Bruxelles, etc."
La volonté de reprise du dialogue est, pour Gilles Rémy une bonne chose, même si les illusions doivent être balayées:
"Cette démarche positive de reprise de contact, je crains qu'elle ne donne rien dans un avenir proche, puisque quel est l'élément nouveau ? En plus, vous parlez très justement du fait qu'en diplomatie, il faut un minimum d'empathie, il faut essayer de comprendre l'autre et comprendre aussi la réalité, parce que là, c'est propre non seulement à la France, mais aussi à l'Europe. C'est qu'on n'a pas compris que la Russie était une vraie puissance, que l'économie russe n'était pas à genoux, que la Russie n'est pas isolée diplomatiquement. Mais à partir du moment où vous entrez dans la logique, qui est celle de l'Union européenne soutenue par tous les principaux États de l'Occident européen, on va partir vers un 20e paquet de sanctions. Mesurez bien les choses, ça ne pourrait jamais arriver aux États-Unis. On en est au 20e Paquet des Sanctions. La Russie est le pays le plus sanctionné au monde. Je crois qu'on en a été à 22 000 sanctions. L'économie est toujours en croissance. Et on n'a jamais, à aucun moment, fait une estimation du rapport coût-efficacité des sanctions. Et du coup, pour notre propre économie".
► Retrouvez tous les épisodes du podcast Sans Détour.
► Vous pouvez écouter ce podcast aussi sur les plateformes suivantes: Apple PodcastsDeezerSpotifyAfripodsCastboxPocket CastsPodcast Addict
Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала