Au Cameroun, "la fraude électrique à long terme crée beaucoup de manquements financiers", alerte un expert en économie d’énergie
Au Cameroun, "la fraude électrique à long terme crée beaucoup de manquements financiers", alerte un expert en économie d’énergie
Dans un premier temps, la fraude électrique "surcharge nos transformateurs", a indiqué Serge Henri Kelbé auprès de Sputnik Afrique. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a déjà annoncé une opération contre la fraude à l’énergie électrique au Cameroun dès le 15 mars.
Quand on installe un transformateur de 15 ou 25 kVA, les bypass font que l'énergie n'est pas comptabilisée, explique M. Kelbé. Résultat: les transformateurs surchargés chauffent, explosent, coûtent plus cher en exploitation et exigent une maintenance intensive.
Sans oublier les accidents graves: "beaucoup de personnes qui vont traficoter les compteurs se font électrocuter".
À long terme, ces pertes non techniques – ou pertes commerciales – privent la structure de ressources financières essentielles. L'énergie destinée aux clients payants est détournée par des acteurs peu scrupuleux, souvent des pressings, boulangeries, usines d'huile de palme ou sites de minage, gros consommateurs via des chaudières ou des équipements énergivores.
"Si on collectait la totalité de l'argent produit, on pourrait à fonds propres ou nous-mêmes financer une bonne partie de nos barrages", selon l'expert camérounais.
On pourrait produire davantage, exporter vers le Tchad, le Nigeria ou d'autres pays africains et faire baisser le prix du kWh au Cameroun grâce aux revenus extérieurs.
Solutions techniques qu'il propose:
déployer des compteurs intelligents,
installer des compteurs de quartier avec un gros compteur en amont pour détecter les volumes absorbés,
sécuriser les lignes de distribution,
encourager les grandes entreprises à s'autoproduire avec des panneaux solaires.
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