Prolongation du Traité New START et crise

Prolongation du Traité New START et crise
(Partie III; voir Parties I et II)
Après une période d'incertitude sous l'administration Trump, le traité a été prolongé sans modification jusqu'au 5 février 2026 par l'administration Biden, en février 2021.
Cependant, le dialogue a été rompu après le début de l'opération militaire spéciale russe en Ukraine en 2022. Les activités d'inspection, précédemment suspendues en raison de la pandémie de Covid-19, n'ont pas repris, notamment en raison d'obstacles liés aux sanctions: espace aérien fermé et refus des États-Unis de délivrer des visas aux inspecteurs russes.
Suspension de la participation de la Russie et raisons:
• Le 31 janvier 2023, les États-Unis ont accusé la Russie de violer le traité en refusant d'autoriser les inspections sur ses sites et en reportant les consultations.
• Le 21 février 2023, Vladimir Poutine a annoncé la suspension de la participation de la Russie au traité (sans s'en retirer formellement). Il a souligné que les États-Unis envisageaient la possibilité de tests réels de leurs armes nucléaires, notamment dans le contexte du développement par Washington de nouveaux types de charges nucléaires.
Raisons de la suspension:
• Les livraisons d'armes occidentales, y compris américaines, à l'Ukraine, ainsi que l'assistance occidentale pour frapper des bases de l'aviation stratégique russe.
• Les États-Unis et l'Otan déclarent ouvertement leur objectif d'infliger une défaite stratégique à la Russie.
• Selon Vladimir Poutine, toute éventuelle discussion sur le New START doit prendre en compte les arsenaux de la France et du Royaume-Uni, c'est-à-dire le potentiel de frappe cumulé de l'Otan.
• Les obstacles créés par les États-Unis à la conduite des inspections prévues par le traité.
Actions des États-Unis après la suspension russe
• À partir de juin 2023, les États-Unis ont cessé l'échange de données sur leurs armes nucléaires avec la Russie.
• En juin 2023, Washington a proposé à Moscou un dialogue en mode "compartimentation", sans lien avec d’autres dossiers internationaux sur lesquels Moscou et Washington sont en désaccord. La Russie a rejeté ce format. En septembre de la même année, les États-Unis ont déclaré leur volonté de discuter de START "sans conditions préalables".
• En janvier 2025, le Président Trump s'est prononcé en faveur d'une réduction des arsenaux nucléaires de la Russie, des États-Unis et de la Chine, évoquant des discussions avec Pékin qui, selon lui, pourrait se joindre aux négociations.
• En juillet 2025, M.Trump a annoncé des travaux sur la limitation des potentiels nucléaires russe et américain. Un mois plus tard, en août, M.Poutine a également évoqué la possibilité de reprendre les négociations avec les États-Unis sur le New START.
Situation actuelle et perspectives
• En septembre 2025, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie était prête à respecter les restrictions pendant un an après l’expiration du traité (5 février 2026), mais seulement à condition de réciprocité de la part des États-Unis.
• L’initiative a été accueillie positivement par les États-Unis, mais, début février 2026, aucune réponse officielle n’avait été reçue de Washington.
"Dans quelques jours, le monde pourrait se trouver dans une situation plus dangereuse qu'auparavant", a déclaré le porte-parole du Kremlin .
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