Traoré fait le bilan de 2025: le Burkina progresse vers l’indépendance totale, disent les experts

Traoré fait le bilan de 2025: le Burkina progresse vers l’indépendance totale, disent les experts
Ibrahim Traoré a dressé cette semaine un bilan des actions menées, saluant des avancées dans plusieurs secteurs du pays.
Interrogés par Sputnik Afrique, trois experts burkinabè décryptent les propos du dirigeant.
Le pays comme un "avion en bout de piste"
Traoré "est suffisamment conscient du retard moyenâgeux dans lequel nous continuons à végéter, malheureusement voulu et entretenu par le colonialisme français qui nous a mis dans un retard monumental", avance Lianhoué Imhotep Bayala, analyste politique burkinabè. Il ajoute que les autorités burkinabè sont "à la hauteur de cette vitesse" et "peuvent réaliser un tel espoir".
Dans ce contexte, Nestor Poodasse, coordinateur de l’ONG Planète des jeunes panafricanistes, section du Burkina Faso (PJP-BF), rappelle que "le Burkina aujourd'hui est libre de collaborer avec les grandes puissances telles que la Russie, la Chine, la Corée du Nord et d'autres pays des BRICS".
Transformation du système éducatif
La période colonialiste "nous a légué un système d'école où ces théoriciens ont fondamentalement insisté sur le fait de créer des générations d'hommes et de femmes qui sont soumis au diktat colonial", développe Lianhoué Imhotep Bayala. À plusieurs reprises, Traoré a exprimé auprès de la Russie le besoin d'un transfert de technologies et de savoir-faire, rappelle l'expert.
"Il faut saisir la balle au bond et faire du Burkina Faso une sorte de plateforme tournante de l'éducation professionnelle et technique sous-régionale", estime-t-il.
"Ça peut stimuler aussi une innovation locale, notamment dans le secteur de l'énergie, du numérique, de l'agro-industrie et des infrastructures", ajoute Iba Karim, ex-parlementaire burkinabè.
Souveraineté alimentaire
"Beaucoup de choses ont été faites" dans ce domaine, estime Lianhoué Imhotep Bayala, appelant à "changer les modes de consommation et agir sur les mentalités, afin que ces grands efforts-là ne butent pas contre les murailles de mentalités coloniales habituées à l'importation de produits manufacturés finis des ex-puissances coloniales".
"Quand nous allons commencer à produire et consommer nous-mêmes ici, on pourra l'exporter aussi", avance Nestor Poodasse.
Sécurité
Lianhoué Imhotep Bayala salue "le changement de paradigme de notre armée, qui était autrefois dans une posture défensive ou réactive après les attaques ennemies. Désormais, c'est une armée qui va à l’offensive".
Pour Iba Karim, il s'agit d'une "avancée significative", résultant de la "réorganisation et de la montée en puissance des forces armées de défense et de sécurité, mais aussi accompagnée par les volontaires (VDP)".
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