BCID-AES: Vers une souveraineté financière du Sahel? Enjeux, opportunités et défis
BCID-AES: Vers une souveraineté financière du Sahel? Enjeux, opportunités et défis
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La BCID-AES a été inaugurée fin 2025 à Bamako. Au-delà du symbole politique, quelles sont les véritables implications économiques de cette banque? Peut-elle réellement transformer les économies sahéliennes? Pour en parler, Tandem reçoit Mohamed Diakité, économiste consultant des études évaluatives à l'audit.
La création de la Banque Confédérale pour l'Investissement et le Développement de l'AES est un événement historique pour les pays du Sahel. Pourquoi historique? Mohamed Diakité, économiste malien, répond au micro de Tandem.
"C'est une banque de développement souveraine, créée dans un contexte de redéfinition géopolitique et économique de Sahel. En rupture stratégique avec une dépendance excessive aux financements extérieurs, notamment ceux des institutions de Bretton Woods – comme la Banque mondiale, le FMI, la BAD – souvent, sinon toujours, conditionnées."
Selon notre expert, la BCID-AES se distingue des autres institutions financières existantes en Afrique de l'Ouest par son engagement politique et stratégique, sa flexibilité, son approche moins conditionnelle, ainsi que son périmètre géographique ciblé avec des priorités homogènes. Les principaux défis à relever sont: la mobilisation des ressources financières suffisantes, la qualité de la gouvernance, la transparence, la gestion des risques et l'indépendance vis-à-vis des pressions politiques à court terme.
"La BCID-AES peut jouer un rôle de catalyseur en réduisant les risques, en mobilisant des co-financements et en orientant les investissements vers la transformation locale des ressources et l'intégration économique régionale. La BCID-AES peut jouer un rôle de banque d'amorçage industriel là où le secteur privé seul n'intervient pas", conclut-il.

