Au-delà de la doctrine Monroe, "les Américains vont dans l'injustifiable"
Au-delà de la doctrine Monroe, "les Américains vont dans l'injustifiable"
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Dans cet épisode de Sans Détour, Bertrand Scholler, spécialiste en géopolitique, discute de l’intervention militaire américaine contre le Venezuela et de sa signification géopolitique.
Pour Bertrand Scholler, arguer de la lutte contre le trafic de drogue au Venezuela pour justifier une intervention armée américaine est sans fondement:
"Le Venezuela n'est pas un des pays où il y a beaucoup de trafic de drogue. Il n'est pas connu pour ça et il n’est pas non plus un pays de passage du trafic de drogues. S'il y a un pays, qui doit être ciblé en numéro 1, c'est le Mexique; et en numéro 2, c'est la Colombie. Si jamais on était rationnel, en numéro 3 ce serait les États-Unis eux-mêmes, puisque c'est le pays par lequel circule la drogue, une fois qu'elle est arrivée par les deux pays. C'est le pays qui blanchit le plus l'argent de la drogue et c'est le pays le plus grand consommateur de drogue au monde".
Quelle que soit la diversité des combats menés par les Globalistes, la véritable cible n’a pas changée:
"La cible ultime, ce n'est pas comme beaucoup de gens le pensent, les mollahs iraniens, les communistes chinois, etc. Mais la cible, c'est la Russie, la ‘Sainte Russie’. Et depuis toujours".
Et cela, même si la Russie tente toujours de maintenir de bonnes relations avec l’Occident:
"La Russie a tout fait pour avoir des relations saines et correctes avec l'Occident et en particulier avec l'Europe. Et l'Europe a tout fait pour empêcher ces relations".
L’agression par les États-Unis du Venezuela s’inscrit dans la nouvelle ligne de la politique internationale américaine, qualifiée de néocoloniale par le représentant de la Russie à l’Onu, Vassili Nebenzia. Ce qui justement provoque des réactions de rejet, notamment en Afrique:
"Ce que disent les Africains, c'est: ‘On comprend votre méthode. Maintenant, on n'a plus aucun doute sur vos intentions et votre méthode. On sait que l'Afrique est extraordinairement riche, en or, minéraux, diamants, pétrole, gaz, etc. Et on voit ce qui se passe.’ Les Africains lient les choses. Aux Nations unies, les Africains parlent maintenant aussi de géopolitique, mais comme le faisait Nelson Mandela d'ailleurs, avec une pleine conscience du jeu "maléfique" de quelques pays, qui tirent les ficelles pour empêcher l'émergence d'un Sud global ou même disséminé. En réalité chaque pays pourrait avoir son chemin lui.
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