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Sans Détour
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Les globalistes veulent que la Russie reconnaisse un protectorat atlantiste d'Ukraine à ses portes

Les globalistes veulent que la Russie reconnaisse un protectorat atlantiste d'Ukraine à ses portes
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Dans cet épisode de Sans Détour, Karine Bechet revient sur l’actualité internationale avec Alexandre Kouzik, rédacteur en chef de la radio Sputnik Afrique. Les grands points: les manifestations agricoles en France, la conférence de presse de Poutine, le plan de Zelenski et l’enflammement du discours occidental contre la Russie.
Karine Bechet revient sur la crise endémique du secteur agricole en France, qui se combine avec le Mercosur et sa logique anti-nationale, ainsi qu’avec la gestion fanatique de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse conduisant l’abattage total des troupeaux touchés – un véritable problème civilisationnel:
"La France était un pays traditionnellement agricole, mais un pays aussi traditionnellment d'une agriculture familiale, d'une agriculture du terroir. C'est ça, qui a fait la base de la société française pendant des siècles. Et c'est exactement ce qui est en train d'être détruit aujourd'hui par toutes ces politiques".
Dans sa conférence de presse, Vladimir Poutine a mis l’accent sur la souveraineté de la Russie. Et c’est sous ce prisme que le Président russe a traité la question des négociations de paix sur le front ukrainien, qui ne peuvent se faire au prix de la sécurité de la Russie:
"C'est une position constante de la Russie. La Russie a toujours rappelé que ce n'est pas elle qui a commencé la guerre. Et il faut effectivement quand même le rappeler, parce qu'on a tendance, si on écoute le discours médiatique occidental, à oublier que le monde a existé avant 2022. (...) Et aujourd'hui encore, la Russie est prête à faire des concessions, parce qu'elle ne veut pas que ce conflit dégénère en Troisième Guerre mondiale. Mais pas pour répéter Minsk, pas pour répéter les promesses qui avaient eu lieu lors de la chute de l'URSS quant à la non-extension de l'Otan".
Et le Président Poutine souligne bien que ce n'est pas la Russie qui est en guerre contre l'Occident, mais l'Occident qui est en guerre contre la Russie. La position des Globalistes s’explique, selon Karine Bechet, ainsi:
"La Russie présente un danger, non pas pour les pays occidentaux, mais pour les élites de ces pays occidentaux. La Russie présente un danger pour les élites globalistes, puisque le simple fait de revendiquer le droit à une souveraineté et le droit à un intérêt national va contre la logique de la globalisation".
Les Globalistes nient le droit à l’autodétermination des Ukrainiens, selon Karine Bechet, par mauvaise foi:
"En ce qui concerne Ukraine, à la différence de l'URSS – et c'est là où on voit la mauvaise foi totale – ils ne reconnaissent pas la chute de l´État. Alors qu'en 2004, il y a eu un troisième tour inconstitutionnel sous l'égide de l'OSCE, ce qui a déjà détruit le système politique. Alors qu'en 2014, il y a un coup d'État – et eux-mêmes reconnaissent ce coup d'État puisqu'ils l'appellent la ‘Révolution de la dignité’ – donc s'il y a une révolution, ça veut dire qu'il y a une chute de l'État".
Malgré le jeu diplomatique entre la Russie et les États-Unis, la position des globalistes reste toujours inacceptable pour la Russie. Il s’agit notamment de la constitution en Ukraine d’une des plus grandes armées d’Europe, ce qui va contre sa démilitarisation:
"Une armée de 800.000 hommes, c'est hallucinant. J'ai regardé un peu les chiffres: en 2014 il y avait 150.000 hommes. En 2017, on était monté à 255.000. Ce qui montre bien aussi – pour revenir à la question précédente, est-ce que c'était la Russie qui a agressé ou pas – que la militarisation de l'Ukraine a été largement accélérée après le Maïdan de 2014, puisque l'armée a presque été doublée".
En plus des garanties de sécurité et d’une non-reconnaissance de juredes nouvelles frontières constitutionnelles russes, se pose la question de l’entrée de l’Ukraine dans l’UE:
"L’entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne est, je trouve, étrangement sous-estimée en Russie. Parce que c'est un cheval de Troie qu'il faut réellement prendre au sérieux. Oui, l'UE n'est pas une organisation militaire, ce n'est pas l'Otan. Mais, rentrer l'Ukraine dans L'Unions européennes, ça veut dire ancrer en fait la russophobie comme politique des pays de l'Union européenne et ça veut dire ancrer dans le temps et dans la profondeur une rupture entre la Russie et l'Europe. Et ça, ça fait le jeu justement des élites américaines".
Dans ce contexte, le ministère russe de la Défense a dénoncé plusieurs accords de coopération militaire conclus à partir des années 1990 avec les pays occidentaux. Pour Karine Bechet, c’est un signal important:
"C'est effectivement une décision, qui est à la fois et politique et symbolique. Donc cela montre bien que, même si la Russie ne déclare pas ouvertement que ces pays sont des ennemis, elle comprend très bien qu'ils ont une politique qui va à l'encontre de la sécurité russe. Notamment le fait de fournir des armes, qui sont utilisées contre la Russie, le fait de fournir des instructeurs – disons des volontaires qui perdent leur uniforme en cours de route – de former les militaires ukrainiens… Tout cela est une politique qui est absolument incompatible avec la coopération militaire".
Cette ligne globaliste confrontative contre la Russie s’accompagne d’un discours politico-médiatique de plus en plus agressif. Selon Karine Bechet, il s’agit de construire la figure de l’ennemi:
"La Russie n'agresse pas l'Europe. La Russie n'a jamais dans son histoire agressé l'Europe. En revanche, on peut se souvenir du nombre de fois où elle a aidé notamment la France quand celle-ci se faisait agresser. En revanche, la Russie se défend. Il y a une forme d'inversion du discours du côté atlantiste, qui veut jouer un peu le rôle du pompier pyromane: j'agresse, mais je veux montrer que je suis victime, parce que comme ça, je ne suis pas responsable, et ainsi faire reporter la responsabilité sur celui qui est agressé. Donc il y a à la fois ce côté politique – cette inversion des responsabilités politiques – et il y a un côté médiatique de conditionnement des esprits des populations à l'intérieur de cette zone atlantise, qui doivent, entre guillemets, soutenir leurs gouvernements dans cette politique anti-russe qui coûte extrêmement cher, socialement et économiquement, ce qui fait que ces élites sont absolument impopulaires".
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