Washington capitalise sur les conflits: les ventes d’armes américaines en hausse

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F-35A - Sputnik Afrique, 1920, 31.01.2024
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Les exportations d'armes américaines ont atteint un niveau record de 238 milliards de dollars l'année dernière, selon les données du Département d'État. Sputnik explique comment les Américains vendent leurs équipements de guerre et qui sont les destinataires.
Les ventes militaires à l’étranger (FMS) ont représenté 80,9 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 56% par rapport à l’année précédente. Les ventes commerciales directes (DCS) se sont élevées à 157,5 milliards de dollars pour l'exercice 2023, contre 153,6 milliards de dollars pour la période de 2022.
Les gouvernements étrangers achètent des armes aux entreprises américaines de deux manières principalement différentes: par des ventes commerciales directes (DCS), ou par des ventes militaires à l'étranger (FMS).
Dans le premier cas les partenaires des États-Unis collaborent et négocient en direct avec une entreprise américaine. Dans l’autre cas, des ventes sont organisées par l’intermédiaire du gouvernement américain et toutes les étapes sont soumises aux standards du département de la Défense.
Les deux catégories nécessitent l’approbation du gouvernement.

Pays les plus gros acheteurs

Sur 80,9 milliards de dollars de ventes militaires à l’étranger, 62,25 milliards ont été financées par les pays alliés et partenaires des États-Unis. 3,97 milliards de dollars sont passés par le programme de financement militaire à l’étranger, selon les données rendues publiques.
Un montant supplémentaire de 14,68 milliards de dollars a été financé par d’autres programmes du département d’État et du département de la Défense, notamment l'Ukraine Security Assistance Initiative (Initiative d’assistance à la sécurité en Ukraine).
La Pologne a réalisé certains achats des plus importants, en déboursant 12 milliards de dollars pour les hélicoptères Apache et 10 milliards pour les lance-roquettes HIMARS.
L'Allemagne a dépensé 8,5 milliards de dollars pour les hélicoptères Chinook.
La Bulgarie a payé 1,5 milliard pour les véhicules blindés Stryker.
La Norvège a acheté des hélicoptères multimissions (1 milliard de dollars).
La République tchèque a payé 5,6 milliards de dollars pour se procurer les avions F-35 et des munitions.
En dehors de l’Europe, la Corée du Sud a versé 5 milliards de dollars pour les F-35.
L’Australie a commandé les aéronefs C130J-30 Super Hercules pour 6,3 milliards.
Le Japon a signé un accord d’un milliard de dollars pour un avion de surveillance E-2D Hawkeye, d’après les détails livrés par le département d’État.

Ventes commerciales directes

Dans cette catégorie, il se démarque l’accord avec le ministère ukrainien de la Défense pour la fourniture d'un système national avancé de missiles sol-air (NASAMS) d'une valeur de 1,2 milliard de dollars.
Des sommes proches ont été déboursées par l'Italie, l'Inde, l'Arabie saoudite, Singapour, la Corée du Sud et la Norvège, toujours selon le département d'État.

Alertes sur la démesure

Alors que la commercialisation des guerres semble être devenue une tendance dans la politique américaine, des organisations disent haut et fort qu’elle peut avoir de graves conséquences.
Ainsi, le groupe de réflexion de Quincy Institute for Responsible Statecraft (l'Institut Quincy pour la gouvernance responsable), basé à Washington, a exhorté en 2022 l'administration de Biden "à s'attaquer à un certain nombre de questions clés si l'on veut que la politique américaine en matière de ventes d'armes soit cohérente avec les intérêts américains à long terme".
"La principale considération politique est de savoir comment limiter les ventes à celles qui aideront les alliés à se défendre sans provoquer de course aux armements ou augmenter les perspectives de conflit", ont souligné les membres du groupe dans leur rapport. Ils ont fait référence au pacte AUKUS sur les sous-marins, qui "profitera aux entrepreneurs américains, mais risque d'alimenter la concurrence en matière d'armements et d'accroître les tensions avec la Chine".
Quant à l'assistance militaire "rapide" à l'Ukraine, le Quincy Institute a mis en avant que "les États-Unis n'ont pas réussi à proposer une stratégie diplomatique d'accompagnement visant à mettre fin à la guerre avant qu'elle ne se transforme en un conflit long et acharné ou ne dégénère en une confrontation directe entre les États-Unis et la Russie".
Moscou a pour sa part averti à plusieurs reprises les États-Unis et leurs alliés que l'envoi d'armes à Kiev ne ferait que prolonger le conflit.
Les ventes d'armes à l'étranger peuvent également présenter des risques pour la sécurité des États-Unis "en attisant les conflits, en provoquant les adversaires américains, en encourageant la course aux armements et en entraînant les États-Unis dans des guerres inutiles ou contre-productives", a averti l’Institut Quincy.
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