Fermeture de la Radio M algérienne: sur les traces d'une liberté d'expression "à géométrie variable"

Micro - Sputnik Afrique, 1920, 10.01.2023
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Si la presse occidentale accuse le "régime algérien" d’"achever de museler la presse libre" en fermant la Radio M, cette dernière est-elle si indépendante que ça? Pointant le financement du Quai d’Orsay, des analystes jugent que les médias mainstream ne relèvent guère des principes démocratiques qu’ils défendent.
Le fondateur interpellé pour plusieurs jours, les locaux sous scellés. Fin décembre, le siège du média algérien Radio M a fait l’objet d’une perquisition et de saisies de matériels. Cette fermeture a été vite stigmatisée dans la presse française comme une atteinte à la liberté d’expression.
Or, pendant que les médias français stipulaient que "le pouvoir achève [ainsi] de museler la presse libre", Amar Djerrad, dans les colonnes d’Algerie54, accuse la Radio M de se baser sur "les quatre principes des "journaleux": barbouzerie, hypocrisie, opportunisme et félonie".
D’après lui, ce média se fait passer pour une "victime d’une injustice d’un pouvoir autoritaire", mais en réalité il n’est que "le porte-voix de ceux qui la financent, c’est-à-dire le Quai d’Orsay par le biais de Canal France International".
"Ce n’est pas un hasard si le 1er organisme qui l’a défendu est Reporters Sans Frontières RSF […] dont le fondateur n’est autre que Robert Ménard, Pied noir, maire de Béziers, un fervent partisan de l’Algérie française, auteur du livre Vive l’Algérie française", poursuit l’auteur.

"La politique de deux poids, deux mesures"

Le financement de la Radio M a d’ailleurs été analysé dans l’article du chercheur algérien Ahmed Bensaada. Dans son étude parue début janvier, il a décortiqué la fermeture du média ainsi que sa politique de rédaction.
Bien que la réaction de la presse française suive les principes de la liberté d’expression, elle relève de "la politique de deux poids, deux mesures", poursuit M.Bensaada.
"Derrière les prises de position dictées en apparence par le souci de défendre les libertés se cachent tout simplement des campagnes qui n’ont rien à voir avec les motifs démocratiques invoqués", indique-t-il.

La liberté d’expression "à géométrie variable"

L’auteur de l’article souligne que si les médias iraniens ou algériens ne peuvent pas être qualifiés de libres "au sens où l’entendent les nouveaux directeurs de conscience de notre époque, les médias mainstream français et européens en général ne le sont pas plus".
"Seuls diffèrent les moyens utilisés pour arriver au même but: formater l’opinion publique au gré des intérêts des pouvoirs établis".
Dans ce sillage, Ahmed Bensaada rappelle le bannissement de RT et Sputnik France dans les pays de l’Union européenne sur fond du conflit ukrainien.
"La conception que se font les pays européens de la liberté de la presse est donc à géométrie variable", résume-t-il.
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