Manifestation à Tripoli après le scandale diplomatique provoqué par le ministre grec

© AP Photo / Felipe DanaTripoli (Libye)
Tripoli (Libye) - Sputnik Afrique, 1920, 21.11.2022
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Une protestation s’est tenue à Tripoli devant l’ambassade de Grèce après une démarche controversée du chef de la diplomatie de ce pays. Ce dernier avait refusé durant sa visite de rencontrer son homologue libyenne sur fond de désaccord politique lié, entre autres, à la Turquie.
Des centaines de Libyens ont manifesté le 20 novembre devant l'ambassade de Grèce à Tripoli pour dénoncer le comportement du ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias lors de sa récente visite, relate le Libya Observer.
Selon le média, les manifestants brandissaient des pancartes telles que: "La Libye veut la paix et la Grèce soutient la guerre", "Dendias est un allié des criminels de guerre", "Les intérêts libyens d'abord" "Dendias tes mains sont tachées de sang", "Nous défendons nos frontières maritimes avec du sang".

Scandale diplomatique sur fond d’instabilité politique

L’incident s’est produit le 17 novembre. En visite à Tripoli Nikos Dendias s’est abstenu de quitter son avion après avoir découvert qu’il serait accueilli par la cheffe de la diplomatie libyenne du gouvernement d’unité nationale (GNU). Il a été formé en mars 2021 pour réunir les parties du conflit national: le gouvernement de transition reconnu par l’Onu et le cabinet soutenu par les forces du maréchal Khalifa Haftar.
Les autorités grecques considèrent que cette ministre libyenne, Najla Al-Mangoush, a violé des ententes entre les deux pays après avoir signé, en octobre, un accord sur l’exploitation des gisements d’hydrocarbures avec la Turquie. De plus, Athènes estime que le mandat du GNU a pris fin, et que celui-ci n’est donc pas habilité pour signer des accords internationaux.
Ensuite, le ministre grec s’est dirigé vers Benghazi, où il a rencontré le président de la Chambre des représentants, Aqila Saleh, et le maréchal Khalifa Haftar.
En proie à une crise politique depuis des années, la Lybie connaît de facto deux cabinets de ministres: Abdul Hamid Dbeibah préside le gouvernement d’unité nationale à Tripoli, tandis qu’à l’est, Fathi Bachagha tient également un cabinet, avec le soutien du Parlement.

Ambassadeur rappelé pour consultation

Toujours le 20 novembre, Najla Al-Mangoush, a tenu des consultations avec l’ambassadeur libyen en Grèce, qui a été rappelé à Tripoli, un geste diplomatique fort. Lors ces consultations, la cheffe de la diplomatie libyenne a qualifié le comportement du ministre grec de "violation des normes internationales diplomatiques" et a demandé l’ambassadeur libyen de "déposer une note de protestation auprès des autorités grecques".
La veille, le Premier ministre du gouvernement d’unité nationale (GNU) Abdul Hamid Dbeibah a critiqué Nikos Dendias en déclarant que cette décision montrait un manque de respect envers la Libye et sa souveraineté.
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