- Sputnik Afrique, 1920
Afrique en marche
Et si l'Afrique prenait son envol dans le contexte du monde multipolaire naissant? C’est à ce débat que L’Afrique en marche aimerait prendre part.

"Bâtir une coopération avec les puissances montantes à la place de celle construite avec l’Occident"

«Bâtir une coopération avec les puissances montantes à la place de celle construite avec l’Occident»
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Il faut un changement de paradigme pour que le monde arabe puisse se faire une place dans le monde d’aujourd’hui, estime au micro de Sputnik Afrique l’ex-gouverneur de la Banque d’Algérie Abderrahmane Hadj-Nacer.
"Le fait d’organiser le sommet des dirigeants de la Ligue des États arabes le 1er novembre, qui est aussi le jour choisi par Israël pour tenir ses élections législatives, signifie que cette rencontre d’Alger est celle de la lutte, du défi et du rétablissement de la légitimité du combat dans un monde qui change à une vitesse vertigineuse".
Abderrahmane Hadj-Nacer, ex-gouverneur de la Banque d’Algérie et ancien conseiller économique du Président Chadli, explique au micro de Sputnik Afrique pourquoi Alger aurait choisi le tout début de novembre pour organiser le 31e sommet des dirigeants de la Ligue des États arabes. L’événement intervient également dans un contexte international qui chamboule complètement l’ordre établi et dominé par les Occidentaux. Cette date correspond aussi au 68e anniversaire de la révolution algérienne contre la colonisation française.
"L’originalité de la révolution algérienne tient au fait qu’elle est une guerre d’intelligence et non une guerre classique entre deux armées. La guerre a servi à mettre en place un réseau politique international sous l’égide du GPRA [Gouvernement provisoire de la République algérienne, ndlr]. Il a légué la base doctrinale inspirant jusqu’à aujourd’hui la diplomatie algérienne qui a vaincu la France aussi bien à Bandung en 1955, au Sommet de la création du mouvement des non-alignés, qu’à l’Onu".

Cette rencontre "est celle du rétablissement de la légitimité du combat"

Abordant la question du développement commun intégré des pays arabes, M.Hadj-Nacer affirme qu’"il faudrait commencer par réunir les compétences arabes et même africaines porteuses de projets réels locaux dans tous les secteurs de l’économie et de la technologie. Puis, il faudrait initier un travail commun entre eux en leur donnant la liberté de concevoir les moyens et les outils nécessaires et les accompagner sur les plans institutionnel, politique, juridique et financier. C’est le seul moyen d’éviter de répéter les échecs du passé".
Pour l’interlocuteur de L’Afrique en marche, afin de sortir de l’état de dépendance à l’égard de l’Occident,
"Il faut s’interdire d’exporter les matières premières dans leur forme primaire. Il faut s’imposer de vendre les richesses sous une forme transformée avec des industries et des technologies locales. En bref, un changement total de paradigme est plus que jamais nécessaire pour sortir de l’ordre de domination dans lequel le monde arabe s’était installé, pour une bonne partie volontairement. Il faut apprendre à compter sur soi-même. C’est la seule façon de bâtir une coopération notamment avec les nouvelles puissances montantes comme la Russie, la Chine et l’Inde sur des bases nouvelles, à la place de celle que le monde arabe a connue avec les Occidentaux".
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