L’emprise française au Burkina Faso serait réduite, suppose un ex-ambassadeur russe dans le pays

© AP PhotoLe porte-parole des militaires qui ont renversé le pouvoir au Burkina-Faso tient un discours télévisé, le 30 septembre 2022
Le porte-parole des militaires qui ont renversé le pouvoir au Burkina-Faso tient un discours télévisé, le 30 septembre 2022 - Sputnik Afrique, 1920, 02.10.2022
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L’influence de Paris au Burkina Faso serait limitée suite à l’arrivée au pouvoir des militaires, pronostique un ex-ambassadeur soviétique et russe. Et d’ajouter que la réduction de leur nombre en Afrique est un risque sérieux pour la réputation de la France sur la scène mondiale.
Avec les militaires au pouvoir au Burkina Faso, la France risque de perdre son emprise dans le pays, confie à Sputnik un ancien ambassadeur soviétique et russe à Ouagadougou, Evguéni Korendiassov.
"L’armée en Afrique est traditionnellement l’un des principaux piliers de la souveraineté et de l’indépendance du pays. L’armée ne peut pas être non nationale, et dans les pays africains, l’armée est l’une des principales structures d’importance nationale. Et, par conséquent, c’est le principal porteur de la souveraineté nationale", affirme le diplomate.
M.Korendiassov met en avant que l’armée jouit d’une grande confiance parmi la population en Afrique, car elle protège réellement les intérêts nationaux, contrairement aux élites politiques et d’affaires "corrompues", qui sont fortement influencées par des anciennes métropoles.
Pour l’ex-ambassadeur, il est évident que sans son emprise en Afrique, la France "perd son aura de puissance mondiale". C’est pourquoi "les Français se battent farouchement pour maintenir leur influence dans leurs anciennes colonies", constate-t-il.
Privé de son influence sur le continent africain, l’Hexagone serait "inconcevable comme grande puissance", conclut Evguéni Korendiassov.

Crise militaro-politique

Le Burkina Faso traverse une nouvelle crise militaro-politique. Le 30 septembre au soir, des militaires ont pris la parole sur la chaîne nationale burkinabé pour annoncer le limogeage du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, et proclamer le capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, nouveau chef d’État.
À Ouagadougou, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté, réclamant le départ de Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui était en fonction depuis le 31 janvier 2022, la fin de la présence militaire française au Sahel et une coopération militaire avec la Russie.
Le 1er octobre, sur les réseaux sociaux, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a appelé à "revenir à la raison". Le même jour, Paris a démenti les informations selon lesquelles le lieutenant-colonel déchu se cachait dans une base militaire française du pays.
Ce dimanche 2 octobre, RFI a indiqué que M.Damiba avait accepté de démissionner et quitté le Burkina Faso pour le Togo.
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