Conducteur tué à Nice: le policier mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

CC BY-SA 3.0 / Tobi 87 / Hafen von NizzaLe port de Nice (Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France), vu de la colline du château.
Le port de Nice (Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France), vu de la colline du château. - Sputnik Afrique, 1920, 09.09.2022
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Le policier niçois qui a tué le conducteur ayant refusé d’obtempérer a été mis en examen pour violences volontaires et placé sous contrôle judiciaire, indique l’AFP. L'IGPN, la police des polices, a été chargée de l'enquête pour homicide volontaire.
Le policier de 23 ans auteur du tir mortel sur un automobiliste qui avait refusé d'obtempérer mercredi à Nice a été mis en examen pour violences volontaires et placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.
Le policier a été mis en examen pour "violences volontaires avec arme ayant causé la mort sans intention de la donner", et a été interdit de port d'arme, a précisé le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, à l'AFP.
En garde à vue depuis mercredi soir, le policier, adjoint au sein d'une brigade de sécurité routière, a été entendu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte "pour déterminer de manière contradictoire et sous l'autorité d'un juge d'instruction, les circonstances exactes du tir", avait précisé le procureur de Nice.
De son côté, l'IGPN, la police des polices, avait été chargée d'une enquête pour homicide volontaire.

Le déroulement des faits

Les faits se sont déroulés mercredi vers 16h30 quand un homme de 24 ans circulant sans permis à bord d'un véhicule volé a été repéré sur la voie rapide de Nice en train de "zigzaguer dangereusement", selon les explications de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP).
Refusant d'obtempérer aux policiers lui faisant signe de s'arrêter, l'homme avait accéléré et quitté la voie rapide, avant de se retrouver bloqué, de faire demi-tour et de venir percuter le véhicule de police qui le suivait.
"Après plusieurs sommations", le policier a tiré "à une reprise sur le conducteur du véhicule volé", une version "corroborée par des témoins présents sur les lieux", avait déclaré M. Bonhomme dans la journée de vendredi, en annonçant l'ouverture de l'information judiciaire.
Un scénario rejeté par les proches de la victime, pour qui "il est évident qu'on a (affaire) à un homicide, il n'y a pas de discussion là-dessus", avait déclaré jeudi l'un de leurs avocats, Me Sefen Guez Guez.
La réaction du policier "est clairement disproportionnée", avait insisté cet avocat du barreau de Nice, co-désigné avec Me Ouadie Elhamamouchi pour défendre la famille de la victime: "qu'importent les circonstances ou la réalité de son comportement antérieurement, il n'y avait pas de danger de mort qui justifie qu'on tue de sang froid cet homme".
Selon des vidéos diffusées jeudi sur les réseaux sociaux, le conducteur, bloqué par une voiture de police à l'avant, fait d'abord une marche arrière avant de tenter de déboiter et de redémarrer. Mais il est alors à nouveau bloqué par la voiture de police à l'avant. C'est à cet instant que le policier, arme au poing et debout près du véhicule, tire à travers la vitre côté conducteur.
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