L’UE a-t-elle une chance de reprendre l’Amérique latine à l’influence de la Russie et de la Chine?

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Xi Jinping et Vladimir Poutine - Sputnik Afrique, 1920, 21.08.2022
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Un document interne de la Commission européenne avertit que l’UE perd du terrain dans certains pays cruciaux, notamment en Amérique latine, face à l’avancée de la Chine et de la Russie. Bruxelles prépare une contre-offensive diplomatique et commerciale afin de reprendre position dans la zone, rapporte El Pais.
Alarmée par l’avancée de la Russie et surtout de la Chine dans les pays d’Amérique latine, l’Union européenne, qui a cependant négligé ses relations avec lesdits pays pendant près d’une décennie, prépare une contre-offensive diplomatique et commerciale dans la perspective de 2023.
Selon un document transmis aux ministres des Affaires étrangères de l’UE auquel El Pais a eu accès, l’objectif est de reprendre position dans la zone.
Le texte met en garde contre le sentiment de retrait européen dans bon nombre des 33 pays de la zone, un espace occupé par les intérêts économiques de Pékin et l’influence politique de Moscou.
Aucun sommet entre l’UE et l’Amérique latine ne s’est tenu depuis 2015, rappelle le quotidien espagnol. La Chine, en revanche, a multiplié par 26 ses investissements dans la région entre 2000 et 2020.
Selon le document en question préparé par le Service européen pour l’action extérieure dirigé par le vice-président de la Commission Josep Borrell, 21 des 33 pays de la région ont rejoint la nouvelle route de la soie, le plan de Pékin pour étendre ses relations commerciales autour de la planète.

La multipolarité pousse à la rivalité

Dans une interview accordée à Sputnik, Imelda Ibanez, enseignante en relations internationales à l’université mexicaine UNAM, a signalé que les projets de l’UE répondaient à un plan d’intégration mondiale en promotion depuis 2021, après la pandémie de Covid-19, qui visait dans le contexte actuel à faire naître "une multipolarité dans laquelle une influence sur les marchés ne serait accordée pas seulement par les États comme les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et le Canada".
"Face à l’apparition de la multipolarité, les grandes puissances ne sont plus sûres de l’existence d’une zone d’influence uniquement pour elles sur les plans géopolitique, économique, culturel et financier. Désormais, elles doivent rivaliser avec les autres puissances qui émergent et qui vont en être les leaders, en l’occurrence la Fédération de Russie et la République populaire de Chine", explique la spécialiste.

Augmenter la présence des pays en développement

Selon elle, l’unipolarité maintenue par les États-Unis avec l’aide de l’UE afin d’imposer l’influence des valeurs occidentales, de la vision libérale de l’économie et du capitalisme proprement dit est bloquée par l’influence de la Russie et son échec ne tardera pas à venir.
Imelda Ibanez estime qu’un événement clé pour le réaménagement géopolitique mondial sera la prochaine réunion du G20 en novembre où la participation de l’Union africaine est attendue et pendant laquelle la Chine et la Russie pourraient finir de se consolider en tant que nouvelles puissances mondiales dominantes.
"Elles vont chercher une façon d’assurer aux pays en développement une forte présence dans la projection de leurs politiques étrangères", ce qui favoriserait la mise en place d’une intégration économique mondiale beaucoup plus pluraliste", conclut-elle.
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