Interpellation tendue de la diplomate sénégalaise au Canada: l’ambassade rétablit les faits

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Drapeau canadien - Sputnik Afrique, 1920, 14.08.2022
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La diplomate sénégalaise impliquée dans une intervention violente de la police canadienne, qualifiée ensuite d’"acte raciste et barbare" par les autorités sénégalaises et de "totalement inacceptable" par Ottawa, avait été impliquée dans un litige de location à la veille de l'incident.
L’ambassade du Sénégal au Canada a donné des détails sur un incident ayant impliqué début août une diplomate sénégalaise en poste au Canada interpellée par les forces de l’ordre dans la banlieue d’Ottawa malgré son statut diplomatique.
Selon la note d’information postée par l’ambassade sur Twitter le 13 août, il s’agit de Niang Ounou Kalsoum Sall, conseillère des Affaires étrangères.

"Rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Niang et ses enfants mineurs qui souffrent encore de douleurs physiques et morales", avance l’ambassade.

Un litige autour d’une maison endommagée

Selon la note, depuis 2018, la diplomate se plaignait de ses conditions de vie dans la maison qu’elle louait à Gatineau, ville québécoise proche de la capitale fédérale canadienne. Dès son arrivée, elle avait constaté "de l’humidité au bas de l’escalier qui conduisait au sous-sol", des soucis avec le système de chauffage, puis des insectes.
Pourtant, le propriétaire insistait sur le fait que la maison avait été endommagée à cause du séjour de la famille de la diplomate, particulièrement par une "utilisation abusive de la salle de bain", selon l’ambassade.
En janvier 2021, elle a reçu une mise en demeure avec l’obligation de payer un peu plus de 52.000 dollars canadiens (frais de reconstruction, factures), soit environ 41.000 dollars américains.
Selon CBC, l’obligation a été imposée en juin 2022 par le tribunal administratif du logement du Québec. Toujours selon cette source, la diplomate a été ainsi obligée à payer plus de 45.000 dollars canadiens (35.000 dollars américains) à son propriétaire pour "loyer non payé" et dommages au logement.

L’interpellation tendue

Le 2 août, un huissier s’est rendu au domicile de la diplomate pour lui notifier une ordonnance du tribunal. Selon la police de Gatineau, "faisant face à une personne agressive et refusant de collaborer", il a demandé l’intervention des forces de l'ordre.
Les policiers ont décidé de procéder à l’interpellation de la femme lorsqu’une policière a reçu un coup de poing et qu’un deuxième officier a été mordu, toujours selon le communiqué du Service de police de la ville de Gatineau (SPVG).

Les réactions diplomatiques

L’interpellation de la conseillère avait provoqué un tollé au Sénégal et l'embarras des autorités canadiennes.
Le Sénégal a convoqué le 5 août la chargée d'affaires de l'ambassade du Canada à Dakar pour dénoncer "un acte raciste et barbare", en accusant la police canadienne d'avoir "sauvagement tabassé" sa diplomate.
Le 7 août, le ministère canadien des Affaires étrangères a qualifié l’incident d’"inacceptable". Le gouvernement du Québec a ensuite annoncé l'ouverture d'une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI, la police des polices québécoises).
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