Influence en Afrique: l'"hypocrisie" de Catherine Colonna pointée par un diplomate russe

© AFP 2022 JULIEN DE ROSACatherine Colonna
Catherine Colonna - Sputnik Afrique, 1920, 12.08.2022
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Après Emmanuel Macron, c'est au tour de Catherine Colonna de proférer des condamnations à l'égard des activités russes sur le continent africain. La diplomatie russe n'a pas tardé à réagir en rappelant le passé colonial de la France, dont les relents se font encore sentir, selon Moscou.
Apparemment frustrée par la diminution de son influence en Afrique, la France vit mal les succès diplomatiques de la Russie qui semblent se profiler sur le sol africain. Faisant écho à son Président, la chef de la diplomatie française s'en est ainsi vivement prise à Moscou dans un entretien avec le quotidien Libération début août.
Les déclarations de Catherine Colonna sur la croissance de la présence russe en Afrique sonnent agressivement hypocrites et sont faites dans un esprit néocolonialiste, a déclaré Ivan Netchaïev, un responsable du département de l'information du ministère russe des Affaires étrangères.
Et d'expliquer que la ministre française s'est permis toute une série d'affirmations cinglantes sur le renforcement de la présence de Moscou sur le continent noir, "une forme de tentative de restauration d’une puissance impériale par les moyens les plus abominables" et "l’agressivité russe dans nombre de pays africains".

Une réaction douloureuse

Ayant qualifié ces assertions d'"absurdes", "surtout sur fond d'accueil chaleureux accordé au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors de sa récente tournée" en Afrique, le diplomate russe a avancé qu'elles sonnaient hypocrites car la politique de la France à l'égard de ses anciennes possessions africaines était et reste une matérialisation de la notion de néocolonialisme.
"C'est bien Paris et non Moscou qui a effectué de multiples opérations militaires en Afrique en poursuivant ses intérêts mercantiles", a martelé M.Netchaïev.

La France préoccupée

Selon lui, les Africains ont compris quels étaient les objectifs qui sont poursuivis par la France sur leur continent et ont fait des conclusions. D'où, pense-t-il, l'agacement qui se fait de plus en plus souvent sentir au plus haut niveau en France au sujet de la perte de positions dans les États africains.
Emmanuel Macron, pour sa part, avait également manifesté sa préoccupation par la présence de la Russie dans plusieurs pays d'Afrique. Lors de son voyage en Afrique, effectué en parallèle avec celui de Sergueï Lavrov, il a notamment multiplié les critiques envers Moscou. Le Président a qualifié cette présence russe "d’hybride".
Le chef de la diplomatie russe a de son côté qualifié cette réaction d'"insultante" pour les pays africains.
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