Stratégie US en Afrique: une tentative pour "recoloniser le continent"?

CC BY-SA 4.0 / Diego Delso / Sunset, Kruger National ParkCoucher de soleil dans le parc national Kruger, Afrique du Sud
Coucher de soleil dans le parc national Kruger, Afrique du Sud - Sputnik Afrique, 1920, 09.08.2022
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En Afrique, les États-Unis agissent en direction d’une "recolonisation" tandis que la Russie et la Chine proposent un commerce "entre égaux" et défendent des valeurs qui peuvent être soutenues par un grand nombre de pays, assurent des experts auprès de Sputnik.
Alors que le secrétaire d'État américain Antony Blinken est attendu en République démocratique du Congo ce 9 août dans le cadre de sa tournée, la Maison-Blanche vient de dévoiler sa stratégie pour l'Afrique subsaharienne. L'un des principaux objectifs est de favoriser l'ouverture et les "sociétés ouvertes" qui pourraient finalement "contrer les activités nuisibles".
Réagissant auprès de Sputnik, l'analyste politique américain Don DeBar avance que le terme "société ouverte" est très ironique, étant donné la réalité de la politique américaine sur le continent africain. Selon lui, les États-Unis agissent pour "recoloniser le continent", tandis que la Chine et la Russie proposent un commerce "entre égaux".

"Et maintenant, Washington a l'intention de contrer les "activités nuisibles", cela voudrait dire offrir à l'Afrique le choix entre des relations coloniales et un commerce "gagnant-gagnant" entre égaux, initié par la Chine et la Russie. Nous verrons ce que les peuples du continent choisiront au fur et à mesure qu'ils prendront les commandes de leur destin face aux colonisateurs", affirme-t-il.

D’après l’expert, "l'armée américaine a pris de facto le contrôle opérationnel des forces militaires africaines via l'AFRICOM", tandis que Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi, "deux éminents partisans du panafricanisme ont été écartés du pouvoir […] pour permettre la recolonisation du continent".

Soutien des pays africains

Contacté par Sputnik, Fang Wei, spécialiste de l’Afrique occidentale auprès de l’université d’Anhui (Chine), est sceptique sur les chances du secrétaire d'État américain d'obtenir le soutien des pays africains.
"Les pays africains, qui ont une expérience historique similaire à la nôtre et un parcours historique commun, ont une compréhension de la valeur de la souveraineté et de la sécurité nationale", explique-t-il.

"Les intérêts de sécurité que défend la Russie, ainsi que l'accent mis par la Chine sur la souveraineté et l'intégrité territoriale, peuvent être compris et soutenus par un grand nombre de pays africains", conclut-il.

"Véritable partenariat"

Dans le cadre de sa tournée qui a débuté le 8 août avec la visite de l’Afrique du Sud, Antony Blinken a déclaré que les États-Unis veulent un "véritable partenariat" avec ce continent, "pas d'une relation déséquilibrée ou transactionnelle".
D’après la doctrine dévoilée, les pays africains sont des acteurs géostratégiques et des partenaires essentiels des États-Unis sur les questions les plus urgentes, à savoir la promotion d'un système international ouvert et stable, la lutte contre les effets du changement climatique, l'insécurité alimentaire et les pandémies mondiales, le façonnement technologique et avenir économique.
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