Dans la "nouvelle Guerre froide" contre Moscou et Pékin, Washington table sur un vieux concept

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Le drapeau américain, image d'illustration - Sputnik Afrique, 1920, 07.08.2022
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L’Occident est en train de revitaliser un concept géopolitique qui l’a déjà aidé à triompher du bloc soviétique, indique le Wall Street Journal. Le consensus de tous les participants potentiels d’une telle stratégie de confinement de Moscou et de Pékin n’est d’ailleurs pas encore atteint.
Les États-Unis et leurs alliés voudraient donner un nouveau souffle à un concept géopolitique de la première partie du XXe siècle pour développer leur stratégie d’endiguement antirusse et antichinoise au XXIe siècle, affirme le journaliste français Michel Gurfinkiel dans un article pour le Wall Street Journal.
"Un arc de coopération stratégique soutenu par les États-Unis s’étend maintenant de l’Eurasie occidentale à l’Eurasie orientale, en tant que "Rimland" océanique défensif contre les puissances continentales hostiles de l’Eurasie: la Chine et la Russie", analyse M.Gurfinkiel.
La théorie du Rimland, proposée en 1940 par le journaliste et universitaire américain Nicholas John Spykman (1893-1943), est un concept géostratégique qui oppose le Rimland -la frange maritime de l’Eurasie- au Heartland -la partie continentale de l’Eurasie. Ce dernier terme a été introduit par le géographe britannique Halford John Mackinder (1861-1947).
Selon M.Spykman, le contrôle du Rimland garantit le contrôle géopolitique du monde. Pendant la Guerre froide, cette théorie a sous-tendu les politiques de défense occidentales et a assuré la victoire de l’Occident dans sa confrontation avec l’URSS. Elle reste d’actualité, estime l’auteur.

Washington en quête d’alliés

"Une nouvelle stratégie mondiale occidentale prend forme. Son développement a été évident lors de la tournée du Président Biden au Moyen-Orient, en particulier lors du sommet en ligne du 14 juillet avec le groupe quadrilatéral I2U2: le Premier ministre israélien Yair Lapid et le Premier ministre indien Narendra Modi (les I) [Israël et Inde] et le Président des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed et M.Biden (les U) [abrégés UAE et USA en anglais]", assure le journaliste.
Concernant I2U2, il ajoute que les questions de sécurité occupent une place croissante dans le programme d’échanges au sein de cette alliance, lancée en octobre 2021 "pour promouvoir la coopération sur les questionséconomiques et technologiques".
Dans le même temps, M.Gurfinkiel laisse entendre qu’une alliance concrète sur la base de laquelle cette nouvelle stratégie sera mise en place n’est pas un point clé du concept géostratégique.

Pas encore de consensus

Dans le même temps, M.Gurfinkiel avoue que tous les "partenaires potentiels du Rimland" ne sont pas "pleinement d’accord sur une stratégie d’endiguement coordonnée contre la Chine et la Russie".
"L’Europe peut se méfier davantage de la Russie que de la Chine, alors que le contraire pourrait être vrai en Asie du Sud et dans la région indo-pacifique", explique-t-il.
Et d’ajouter qu’actuellement certains pays, comme notamment la Turquie, qui "appartiennent formellement aux alliances du Rimland sont tentés de rester neutres dans la nouvelle Guerre froide".
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