Deux personnes tuées par des Casques bleus à un poste-frontière en RDC

CC BY-SA 2.0 / Julien Harneis / Hills of DjuguRépublique démocratique du Congo (archive photo)
République démocratique du Congo (archive photo)  - Sputnik Afrique, 1920, 31.07.2022
Au moins deux personnes ont été tuées dimanche lorsque des Casques bleus ont ouvert le feu sur un poste frontalier avec l'Ouganda, dans l'est de la République démocratique du Congo. Des manifestations anti-ONU avaient secoué la région la semaine dernière.
Dans une vidéo de l'incident partagée sur les réseaux sociaux, on voit des hommes dont au moins un en tenue de policier et un autre de militaire congolais, s'avancer vers le convoi immobilisé de l'autre côté de la barrière fermée à Kasindi, dans le territoire de Beni, à la frontière avec l'Ouganda.
Après un échange verbal, on voit les présumés Casques bleus tirer des coups de feu, avant d'ouvrir la barrière et de franchir le poste.
"Des militaires de la Brigade d'Intervention de la force Monusco de retour de congé ont ouvert le feu au poste frontalier pour des raisons inexpliquées et forcé le passage. Cet incident grave a causé des pertes en vies humaines et des blessés graves", déplore la mission onusienne dans un communiqué sans fournir de bilan précis.
"Le bilan est de deux morts", a déclaré Joël Kitausa, un responsable de la société civile de Kasindi, qui a fait également état de 14 blessés.
Plus tôt, Barthélemy Kambale Siva, délégué du gouverneur du Nord-Kivu à Kasindi, avait donné un bilan de huit blessés graves dont deux policiers du poste frontalier.
La cheffe de la Monusco, Bintou Keita, s'est dite "profondément choquée et consternée par ce grave incident", selon le communiqué de la mission. Le gouvernement de la RDC condamne "cet incident malheureux dont le bilan provisoire fait état de deux compatriotes décédés et 15 autres blessés", indique dans un communiqué son porte-parole Patrick Muyaya . Conjointement avec la Monusco, les autorités ont lancé une enquête, a précisé le porte-parole.
Kinshasa prévient que "les Casques bleus concernés ne pourront plus faire partie des contingents de la Monusco, en attendant l'aboutissement du plan de retrait de cette force onusienne de la RDC".
La semaine dernière, des manifestations accompagnées de destructions et pillages ont eu lieu dans plusieurs villes de l'est de la RDC pour réclamer le départ des Nations unies. Les manifestants accusaient les Casques bleus d'inefficacité dans la lutte contre les groupes armés responsables du chaos dans lequel sont plongées les provinces de l'est du pays depuis près de 30 ans.
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