Inquiet de l’"influence russe" en Afrique, Macron s’attaque de nouveau à Sputnik

© Photo Pixabay / David_PetersonLe drapeau du Cameroun
Le drapeau du Cameroun - Sputnik Afrique, 1920, 26.07.2022
En tournée en Afrique, Emmanuel Macron s’est montré inquiet face à l’influence russe sur le continent africain. Le Président français tente de rallumer une flamme qui s’est éteinte petit à petit ces dernières années.
Emmanuel Macron est arrivé au Cameroun afin d’entamer sa tournée africaine. Il souhaite relancer des relations entre l’Afrique et la France qui sont en perte de vitesse. À Yaoundé, il a rencontré le Président Paul Biya. Mais lors de la conférence de presse qui a suivi cet entretien, M.Macron a jugé la présence russe en Afrique "préoccupante".
S’il a évoqué tout d’abord la présence "d’une grande puissance politique et militaire" qui a développé des relations avec plusieurs pays, ce qui est normal dans le grand concert des nations, il s’est ensuite montré plus agressif en qualifiant cette présence russe "d’hybride".
Pour expliquer cette présence hybride, il n'a pas hésité à montrer du doigt les médias russes RT et Sputnik, interdits dans l'Union européenne suite à une décision de la Commission européenne.

"La Russie a beaucoup diffusé des fausses informations sur le sol africain, avec des officines comme Russia Today ou Sputnik", a assuré le chef d'État fançais.

Le Président a d'ailleurs qualifié la position africaine dans le conflit en Ukraine "d'hypocrisie".
Après le Cameroun, Emmanuel Macron fera étape au Bénin et en Guinée-Bissau.

Une visite sous tension

Le bihebdomadaire camerounais Sans Détour a qualifié dans son édition du 25 juillet la visite d’Emmanuel Macron de " terrain miné ". Pour le média, ce séjour cache des enjeux qui se résument à préserver un pan de pré-carré contre les influences rivales. La question de la succession de Paul Biya, âgé de 89 ans pourrait également être sur la table selon le journal. Ensuite, il va chercher à solder les différents historiques avec Yaoundé liés à la colonisation qui avait été meurtrière, précise Sans Détour.
Cette position est partagée par La Voix du Centre, un hebdomadaire qui a titré au sujet de cette visite : "Pour quels buts?". Le journal affirme que le Président français n’a jamais été tendre avec son homologue camerounais bien que les deux pays entretiennent de longues relations de coopération.

Une influence française en perte de vitesse

La position de la France ces dernières années s’est affaiblie en Afrique. L’opération Barkhane menée dans le Sahel et le Sahara depuis 2014 par la France s’est soldée par le retrait de l’armée française dans la région. Cette présence française était critiquée dans la région.
Un sondage de Mali-Mètre en 2021 qui demandait aux Maliens d’exprimer leurs griefs contre Barkhane a révélé que 73% des sondés reprochaient aux forces militaires françaises de ne pas protéger les populations contre la violence. Le second reproche émis était d’être complices des forces armées (45%) et le troisième grief était que la force n’était pas capable de se protéger elle-même.
Dans le même temps, Bamako s’est tournée vers Moscou. En mai 2022, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères, s’est rendu au Mali où il a rencontré son homologue Abdoulaye Diop. M.Lavrov a convenu d’un soutien militaire aux forces armées maliennes et a assuré que Moscou continuera à livrer au Mali du blé, des engrais minéraux et des produits pétroliers.
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