Ces démarches préparées par la Russie pour atténuer l'impact des sanctions

Dollars - Sputnik Afrique, 1920, 25.02.2022
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Dans le contexte des sanctions que l’Occident a à plusieurs reprises imposées à la Russie, Moscou a entrepris des efforts pour limiter ses liens financiers avec les USA. La réduction de sa dépendance au dollar pourrait ainsi lui permettre d’endurer, au début, les nouvelles sanctions décidées sur fond d’opération en Ukraine, note Bloomberg.
Avec le début de l’opération militaire russe en Ukraine, les sanctions internationales, en premier lieu économiques, se multiplient. Or, les efforts de la Russie ces dernières années visant à supprimer l'emprise du dollar sur son économie et ses marchés financiers ont jusqu'à présent contribué à atténuer l'impact des sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés, note Bloomberg.
Moscou a ainsi réduit ses réserves en dollars dans sa banque centrale à seulement 16% en 2021, contre plus de 40% quatre ans auparavant. Cela signifie une diminution drastique de ses avoirs en bons du Trésor américain et de son fonds souverain.
La Banque centrale russe a fortement réduit, ces dernières années, la part des billets verts dans ses réserves de change en faveur de l’euro, de l’or et du yuan.

Une marge de sécurité

Même s’il est presque impossible pour la Russie de se séparer complètement du dollar, les principales exportations du pays, à savoir le pétrole, les produits pétroliers et le gaz naturel, étant négociées de manière conventionnelle dans cette devise sur les marchés mondiaux, les mesures prises contribueront désormais à protéger la Russie de certaines des pires retombées de l'escalade des sanctions américaines et européennes, estime Bloomberg.
Et de rappeler que certains contrats d'exportation de pétrole russe sont désormais négociés en euros. La part du dollar dans les recettes des exportations russes est passée de 69% en 2016 à 56% au premier semestre 2021, tandis que celle de l'euro a doublé pour atteindre 28%, cite l’agence via une étude d’une économiste d'UBS Group AG.
Les efforts visant à rendre la Russie moins dépendante du dollar pourraient atténuer l’impact des sanctions et potentiellement donner à Vladimir Poutine le temps de résister à des sanctions encore plus strictes, au moins pour un certain temps, prévoient les auteurs de l’article.
Mais d'autres sanctions, telles que la limitation de l'accès de la Russie au système de paiements bancaires SWIFT, pourraient s'avérer beaucoup plus coûteuses, selon eux. Le Premier ministre britannique Boris Johnson ferait notamment pression pour que la Russie soit débranchée de ce système. Londres envisage en outre d’interdire à toutes les banques et grandes entreprises russes l’accès au système financier britannique. Cependant, Joe Biden a omis d’en parler dans son discours jeudi, tout en maintenant une telle option.

Des sanctions qui n’en finissent pas

Depuis la proclamation de l’indépendance des Républiques populaires du Donbass et le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014, à la suite d’un coup d’État à Kiev, les sanctions internationales contre la Russie se multiplient.
Tout récemment, même avant le début de l’opération en Ukraine, le Président américain avait ainsi annoncé une "première tranche" de sanctions devant couper la Russie des financements occidentaux et frapper les "élites russes" et les institutions financières. Berlin a pour sa part suspendu la certification du gazoduc Nord Stream 2 et Londres a annoncé des sanctions économiques à certains hommes d'affaires et banques russes.
C’est dans le contexte de ces sanctions que les décideurs politiques russes ont songé à faire en sorte que l'économie russe ne soit plus si dépendante du dollar, explique Bloomberg. En 2020, l'euro a ainsi dépassé le dollar en tant que principale devise pour fixer le prix des exportations russes vers la Chine, devenue l'un des principaux partenaires commerciaux du pays.
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