Sommet américain pour la démocratie: Moscou et Pékin dénoncent la sélectivité de Washington

© REUTERS / Kim Kyung-HoonDes drapeaux russe et chinois
Des drapeaux russe et chinois - Sputnik Afrique, 1920, 27.11.2021
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Après que Washington a publié une liste de pays invités au prochain sommet virtuel pour la démocratie et sur laquelle plusieurs pays ne figurent pas, dont la Russie et la Chine, les diplomates de ces deux pays ont donné leur avis sur cet évènement qui, selon eux, est un produit de la guerre froide.
Les ambassadeurs russe et chinois à l’Onu, Anatoly Antonov et Qin Gang, ont critiqué le 26 novembre l’approche sélective dont Washington a fait preuve en publiant cette semaine une liste des pays participants au sommet pour la démocratie qui doit se tenir les 9 et 10 décembre en format virtuel. Comme l’indique le site du Département d’État américain, ni la Russie ni la Chine n’en font partie.
Dans leur article conjoint publié par le journal américain National Interest, les diplomates dénoncent ce "produit évident" de la mentalité américaine issu de la guerre froide qui "attisera la confrontation idéologique et une fracture dans le monde, créant de nouvelles lignes de division", une tendance qui contredit tout développement moderne.
Tout en soulignant que leurs pays rejettent "fermement" la décision de Washington, les diplomates insistent sur le fait que "l'équité, la justice, la démocratie et la liberté sont des valeurs communes de l'humanité" et que la démocratie est un droit universel pour tous les peuples "qui peut être réalisé de plusieurs manières, et aucun modèle ne peut s'adapter à tous les pays".
Après avoir expliqué que la vie politique en Russie et en Chine ainsi que l’état des relations entre les autorités et le peuple répondent aux critères d’une vraie démocratie, les diplomates attirent l’attention sur le fait qu'une démocratie ne concerne pas seulement la gouvernance nationale, mais doit également se refléter dans les relations internationales.
"S'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays sous prétexte de lutter contre la corruption, de promouvoir les valeurs démocratiques ou de protéger les droits de l'Homme, entraver leur développement, brandir le bâton des sanctions et même porter atteinte à leur souveraineté, leur unité et leur intégrité territoriale vont à l'encontre de la Charte de l’Onu et d'autres normes fondamentales du droit international et sont manifestement antidémocratiques", ont-ils écrit.
Révisionnisme américain
D’après eux, faire étalage de "l'ordre international fondé sur des règles" sans faire référence à l'Onu et au droit international, de même que tenter de remplacer les règles internationales par les maximes de certains blocs, relève du révisionnisme et est manifestement antidémocratique.
Faisant apparemment allusion aux actions de Washington pendant ces dernières décennies, les diplomates concluent en écrivant que les guerres et les troubles dans le monde ne manquent pas de prouver que "la propagation de la démocratie" risque de saper gravement la paix, la sécurité et la stabilité régionales et internationales.
"Les bombardements de la Yougoslavie, les interventions militaires en Irak, en Afghanistan et en Libye et la "transformation démocratique" ne font que nuire. "Les pays devraient se concentrer sur la bonne gestion de leurs propres affaires, sans critiquer les autres avec condescendance. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter de la démocratie en Russie et en Chine", ont-ils indiqué.
L’objectif du sommet
Annoncé par Joe Biden au mois d’août, le sommet doit "galvaniser les engagements et les initiatives sur trois thèmes principaux: la défense contre l'autoritarisme, la lutte contre la corruption et la promotion du respect des droits humains".
L’année prochaine, Biden prévoit d’en organiser un nouveau pour que les pays puissent "présenter les progrès accomplis par rapport à leurs engagements ".
Les pays absents et invités
Figurent parmi les absents la Turquie, alliée de Washington au sein de l'Otan mais dont le Président Recep Tayyip Erdogan a par le passé été qualifié "d'autocrate" par Joe Biden.
Au Moyen-Orient, seuls Israël et l'Irak ont été conviés. Les alliés arabes traditionnels des Américains que sont l'Égypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar ou les Émirats arabes unis sont absents.
Le 24 novembre Pékin a fait part de sa "ferme opposition" à l'invitation de Taïwan à ce sommet virtuel.
Joe Biden a aussi invité le Brésil, pourtant dirigé par le Président d'extrême droite très controversé Jair Bolsonaro.
En Europe, la Pologne est représentée, malgré les tensions récurrentes avec Bruxelles au sujet du respect de l'État de droit, mais la Hongrie du Premier ministre Viktor Orban ne l'est pas.

Côté africain, la République démocratique du Congo, le Kenya, l'Afrique du Sud, le Nigeria et le Niger font partie des pays invités, rappelle l’AFP.
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