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Covid-19

Le couvre-feu prolongé en Guadeloupe, enquête sur des tirs sur les forces de l'ordre en Martinique

© AFP 2022 CHRISTOPHE ARCHAMBAULTPetit-Bourg, Guadeloupe, le 23 novembre 2021, après des émeutes
Petit-Bourg, Guadeloupe, le 23 novembre 2021, après des émeutes - Sputnik Afrique, 1920, 24.11.2021
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La Guadeloupe prolonge le couvre-feu jusqu'au 28 novembre, alors que le département reste toujours la proie de violences urbaines provoquées par la colère contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants. La Martinique, marquée elle aussi par des émeutes, enquête sur des tirs sur les forces de l’ordre.
Le couvre-feu a été prolongé jusqu'au 28 novembre en Guadeloupe où les violences se poursuivaient mardi. À Paris, le gouvernement insiste sur le retour de l'ordre mais doit surveiller désormais une possible contagion à la Martinique voisine où des policiers et des pompiers ont été visés par des tirs dans la nuit.
Si la cinquième nuit de violences en Guadeloupe a été plus calme que les précédentes, selon la préfecture, elle a toutefois été marquée par des tirs à balles réelles contre les forces de l'ordre, ont dénoncé les ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu.
Signe que la tension reste vive, le préfet de Guadeloupe a décidé la prorogation du couvre-feu de 18 heures à 5 heures, dont l'application expirait mardi, jusqu'au samedi 28 novembre.
Gérald Darmanin a fait du rétablissement de l'ordre public "le préalable à toute discussion évidemment".

La police visée par des tirs

Mais le feu couve aussi en Martinique, où une grève générale a débuté lundi. Les axes routiers sont bloqués par de nombreux barrages, contraignant les écoles à fermer et les transports en commun à cesser de fonctionner.
Comme cette semaine en Guadeloupe, des forces de l'ordre et des pompiers y ont "reçu des projectiles", et "des tirs de 9 mm à plusieurs reprises" dans la nuit de lundi à mardi, sans faire de blessé, selon des sources policières. Le parquet de Fort-de-France a ouvert une enquête sur ces faits.
Le mouvement de contestation de la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour les personnels soignants et les pompiers a été déclenché le 15 novembre en Guadeloupe, avec un appel à la grève générale d'un collectif d'organisations syndicales et citoyennes qui réclament aussi la hausse des salaires et des minima sociaux et la baisse des prix des carburants et du gaz.
Les stigmates de la semaine de contestation sont toujours visibles, comme au Gosier, où carcasses de voitures calcinées, débris et restes de barricades obstruent la route principale qui traverse la ville.

Des magasins fermés

Dans le centre-ville, la plupart des magasins sont fermés, à l'exception de quelques commerces alimentaires, de la pharmacie ou d'une banque.
"La ville est morte depuis le début de la mobilisation" déclare à l'AFP Nadège Tommely, 38 ans, qui tient une épicerie.
Pour calmer la situation, Jean Castex a annoncé lundi la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.
Une décision qui n'a pas convaincu en Guadeloupe.
"Bien sûr qu'on continue la mobilisation. On n'attendait pas grand chose de Castex et du gouvernement Macron, donc on n'est pas déçus", indique Hilaire Luce, membre du collectif qui a appelé à la grève générale, sur un barrage fait d'arbres et de pneus brûlés près du Gosier.
"Ils font preuve d'un mépris caractérisé: ils créent une instance d'écoute, ça veut dire qu'ils nous prennent pour des illettrés ?", s'indigne-t-il.

Plus de 60 personnes en garde à vue

"Plus de 90 interpellations" et "plus de 60 gardes à vue" ont eu lieu depuis le début de la crise, a précisé le ministre de l'Intérieur, alors que 250 policiers et gendarmes, dont 50 du GIGN et du Raid, ont été envoyés en renfort durant le week-end et qu'un couvre-feu a été mis en place de 23H00 à 5H00.
Sur les 30 personnes passées lundi en comparution immédiate, 26 ont été condamnées à des peines allant de la simple amende, à 2 ans de prison ferme pour "participation active au pillage d'un commerce", a indiqué le parquet de Pointe-à-Pitre dans un communiqué.
Sept personnes seront jugées en comparution immédiate mardi et un homme de 34 ans "suspecté d'avoir activement participé aux faits de vols avec effraction et en réunion" dans plusieurs bijouteries va être présenté devant un juge d'instruction, selon le parquet.
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