Émeutes aux USA après l’acquittement d’un jeune: de l’huile sur le feu versée par la Maison-Blanche

© REUTERS / CARLOS BARRIALe président des États-Unis, Joe Biden, prononce un discours
Le président des États-Unis, Joe Biden, prononce un discours - Sputnik Afrique, 1920, 23.11.2021
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L’Amérique démocrate des grandes villes est descendue dans la rue pour dénoncer l’acquittement de Kyle Rittenhouse, un Blanc qui a tué deux personnes. Une conséquence directe de la politisation du débat par la presse US et les Démocrates?
"Il y a eu une réaction hystérique pour la simple et bonne raison que ce procès a été instrumentalisé d’une part par les politiques et le gratin des célébrités hollywoodiennes, mais aussi par les médias mainstream qui se sont quasiment portés partie civile et qui ont porté des accusations très graves à l’encontre de ce prévenu."
Nicolas Conquer
porte-parole des Republicans Overseas France
"Not guilty." Le jeune Américain Kyle Rittenhouse a été acquitté du meurtre de deux hommes et d’en avoir blessé un autre lors de manifestations contre le racisme en 2020 à Kenosha. Ses avocats ont fait valoir la légitime défense, alors que l’un de ses assaillants avait essayé de lui porter des coups avec sa planche de skate, tandis qu’un autre était armé. Et tout cela dans un contexte de violences exacerbées.
De Chicago à Portland en passant par New York, le verdict a fait descendre les manifestants dans la rue. Certaines de ces protestations ont pris une tournure violente comme à Portland où des magasins ont été vandalisés ainsi qu’une voiture de police. La police de Portland a déclaré les manifestations comme étant des émeutes.
Pour ces populations des centres urbains, le jugement est l’illustration du racisme systémique aux États-Unis et du double standard judiciaire entre les Blancs et les Noirs.
"La gauche ‘progressiste’, dite ‘woke’, va chercher à condamner en dehors de toute forme de procès, comme une victime expiatoire, un crime qu’elle qualifierait de raciste, suprémaciste, alors qu’il n’en est rien", rétorque pour sa part Nicolas Conquer, porte-parole de Republicans Overseas.
En effet, du footballeur américain Colin Kapernick –connu pour avoir posé un genou à terre lors de l’hymne national au nom des populations opprimées– à l’écrivain star Stephen King, le tout-Hollywood s’est empressé de condamner la décision de justice d’une seule voix.

Implication de Biden dans l’affaire

Il en a été de même pour la presse affiliée démocrate. "Le verdict de Rittenhouse était un message pour les jeunes blancs: "Si tu crois que la vie des Noirs compte, ta vie ne compte pas"", titrait le Chicago Suntimesdans une tribune publiée le jour de la sentence.
Notre interlocuteur accuse cette presse d’avoir voulu influer directement sur le verdict. Il en veut pour preuve l’exclusion de la chaîne MSNBC du tribunal après qu’un producteur indépendant travaillant pour le média a été accusé d’avoir suivi un bus de jurés la nuit précédente.
"Ce sont vraiment des manières de faire qui ne relèvent pas de la démocratie", tonne Nicolas Conquer.
Pour lui, le plus grave reste toutefois l’implication du politique dans cette affaire. À la suite de la tuerie de Kenosha, Joe Biden, en pleine préparation de la présidentielle, prenait "fait et cause contre Kyle Rittenhouse", notamment en l’associant dans "un clip de campagne de manière très explicite à des suprémacistes blancs pour faire une association d’idées", dénonce le sympathisant républicain.
Au lendemain du verdict, le 46e Président des États-Unis a tout de même appelé à respecter la décision de justice.
"Même si le verdict de Kenosha laissera de nombreux Américains en colère et inquiets, moi y compris, nous devons reconnaître que le jury a parlé. J’ai fait campagne en promettant de rassembler les Américains car je crois que ce qui nous unit est bien plus important que ce qui nous divise", peut-on lire dans le communiqué de la Maison-Blanche.
Mais pour Nicolas Conquer, le mal était fait. Il accuse d’ailleurs la vice-Présidente d’avoir également joué avec le feu:
"Au lendemain du verdict, Kamala Harris a indiqué que la décision de justice rendue illustrait le manque d’équité des tribunaux et de la justice aux États-Unis", rappelle-t-il.
"Le verdict parle vraiment de lui-même, a déclaré la vice-Présidente devant des journalistes. Comme beaucoup d’entre vous le savent, j’ai passé une grande partie de ma carrière à œuvrer pour rendre le système de justice pénale plus équitable et il est clair qu’il y a encore à faire."

"Conflit civil de basse intensité"

Pour le porte-parole des Republicans Overseas, "le fait que ce juré populaire –qui fait donc l’impartialité de cette décision de justice– soit défié, c’est jouer sur les divisions et attiser les tensions entre les communautés alors que celles-ci n’ont pas lieu d’être". Ces prises de position sur des questions qui ne relèvent pas de la compétence des politiques, des médias ou encore des acteurs hollywoodiens sont un danger pour l’unité du pays américain, prévient-il.
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Assaut du Capitole: «le contexte de conflit civil de basse intensité», menace pricipale à la démocratie US?
En effet, les États-Unis ont atteint un niveau de polarisation politique sans précédent ces dernières années. Selon une étude Pew Research, en 2020, 89% des soutiens de Donald Trump pensaient que l’élection de Joe Biden causerait un dommage durable à tout le pays. Pour les soutiens du Démocrate, ce chiffre monte à 90%. Le niveau de division politique est tel qu’au moment de l’assaut du Capitole par des militants trumpistes le 6 janvier 2020, Philippe Moreau-Desfarges, ancien diplomate, parlait au micro de Sputnik de "conflit civil de basse intensité".
Alors que ces dernières années, des citoyens Américains ont déjà tué d’autres citoyens Américains sur la base de leurs idées, Nicolas Conquer estime que la récupération politique et la mise en cause de cette décision de justice sont un jeu très dangereux. Toutefois, celui-ci se félicite du fait que la justice ait encore la liberté de rendre un verdict qui ne soit pas influencé par la rue, les médias ou les politiques.
"La justice a réussi à faire face à ces pressions et preuves d’intimidation. Elle a rappelé que la légitime défense est un droit", conclut-il.
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