Un maître de conférences qualifie ses étudiants de "quasi-débiles", scandale à Brest

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En classe, image d'illustration - Sputnik Afrique, 1920, 21.11.2021
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Dans un mail interne, un maître de conférences de l’Université de Bretagne occidentale à Brest a de manière virulente critiqué l’établissement dans lequel il enseigne et qualifié ses étudiants de "quasi-débiles". Problème: son mail a fuité auprès des étudiants.
Scandale au sein de la communauté estudiantine de Brest. Un maître de conférences en droit, économie et gestion de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) a violemment critiqué dans un mail la gestion de l’établissement par la présidence selon Le Télégramme. Il s’interroge sur la crédibilité de l’université, qui selon lui est qualifiée de "seconde zone". Il faut ajouter qu’il n’en est pas à son premier fait d’armes, puisqu’en février dernier, il avait alerté dans de multiples mails sur des fraudes massives au sein de l’université. Il faut noter que suite à ces mails, l’universitaire a fait l’objet d’une procédure disciplinaire de la part de la direction.

Dans ce mail, il critique de manière très virulente l’université en allant jusqu’à la qualifier de "Zone universitaire prioritaire " qui ne vaudrait "pas un pet de lapin". Les étudiants en prennent également pour leur grade en les décrivant de la manière suivante:
"Chouette auditorat, de quasi-débiles pour certains qui ne savent pas comprendre le sens d’un texte simple et ânonnent en lisant."
Enfin, il achève son mail avec un slogan pour le moins caricatural adressé directement à la présidence de son université.
"Venez quand même chez nous, même si vous êtes médiocres, car, même si vous fraudez aux examens, vous ne serez pas poursuivis. Et, en plus, les cours sont allégés."

Des syndicats scandalisés, un professeur soutenu par ses collègues

C’est le syndicat étudiant "Une alternative pour l’UBO" qui a ébruité l’affaire ce samedi 20 novembre en qualifiant de honte dans un communiqué de presse les propos de celui-ci. Il affirme que ces propos sont d’une extrême violence et condescendance à l’égard des étudiants qui se sentent insultés ainsi que pour le personnel et les enseignants qui s’investissent dans leurs formations. Ils critiquent par ailleurs sa vision élitiste de l’université basée sur la sélection comme cela se fait dans le modèle anglo-saxon.
Contacté par le Télégramme, Mathieu Gallou, président de l’UBO, a refusé de commenter. Il a toutefois précisé que l’affaire était en cours d’instruction. Il faut noter que le maître de conférences incriminé a reçu le soutien de ses confrères qui ont partagé au Télégramme leur inquiétude sur la baisse catastrophique du niveau des étudiants à l’UBO.
"Toutes les composantes sont inquiètes, car les meilleurs vont à Rennes ou Nantes. C’est normal: ici, on réduit les heures de cours, sous prétexte d’un endettement qui ne représente pas 1% du budget global de notre université."
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes soutiennent le professeur au cœur de la tourmente. Les uns soutiennent l’enseignant qui "ne prend pas de pincettes pour décrire cette dégradation du niveau intellectuel", tandis que les autres sont plus nuancés en affirmant que sur le fond le professeur a raison de mettre en lumière "la baisse constante du niveau des étudiants", mais que c’est sur la forme qu’il a tort.

Le plan "Pari" source de critiques

La source de ces critiques se trouve dans un plan d’austérité de trois ans mis en place par l’université de Brest en 2019, un plan intitulé "Pari" qui court sur la période 2019-2022. Ce plan local est destiné à réduire le déficit financier de l’université qui atteignait deux millions d’euros en 2018. Il prévoit notamment une réduction des heures de cours, ce que dénoncent professeurs et étudiants.

Dans une interview auprès de Ouest-France en septembre dernier, Mathieu Gallou assurait tenir la barre grâce à une hausse des subventions de l’État, mais aussi au Covid-19 qui a entraîné des annulations de programmes de recherche internationaux et nationaux et donc in fine des économies dans le budget de l’université. Alors que le plan arrive à échéance en 2022, il affirmait vouloir consolider l’offre de formations en la faisant passer de 360.000 heures à 300.000 heures soit une réduction de 60.000 heures de cours. Et c’est précisément ce que dénoncent actuellement étudiants et enseignants. Elena Grunenwald, présidente d’Alternative UBO, déplorait auprès du Télégramme que ce plan revenait à supprimer l’équivalent d’un semestre sur six dans un parcours de licence. Une mobilisation contre ce plan d’austérité est prévue ce mardi 23 novembre. Il ne fait nul doute que ce scandale lié à ce mail sera dans les esprits.
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