"Vos accusations ne sont pas dignes": Castex perd ses nerfs après une question sur les soignants

© AFP 2022 JEAN-FRANCOIS MONIERJean Castex
Jean Castex - Sputnik Afrique, 1920, 17.11.2021
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La question d’un député LR sur le manque de soignants dans des hôpitaux qui, selon certains médecins, pourrait rendre difficile la gestion de la cinquième vague de Covid arrivant en France, a exaspéré Jean Castex à l’Assemblée nationale qui a appelé à assumer collectivement la responsabilité de cette situation.
Lors de son intervention mardi 16 novembre à l’Assemblée nationale, Jean Castex s’est mis en colère après la question du député LR des Vosges Stéphane Viry sur le manque de soignants dans les hôpitaux.
Reconnaissant le manque de "médecins libéraux comme hospitaliers en France", il a proposé de se souvenir "une nouvelle fois [de] l’évolution du numerus clausus qui les forme", faisant ainsi référence à la limitation du nombre de personnes admises à concourir en première année de médecine, introduite en 1972.
Selon le Premier ministre, en 2017, avant la présidence d’Emmanuel Macron, à cause de cette limitation supprimée par la loi du 24 juillet 2019, le nombre de médecins était inférieur à celui de 1972, "alors même que la population française a augmenté et a vieilli et que les pratiques médicales ont changé".

"Cela veut dire, Monsieur le Député, que nous devons être humbles, car nous sommes collectivement responsables de cette situation et vos accusations ne sont pas dignes", assène Jean Castex qui semble alors avoir perdu ses nerfs.

Et de poursuivre en dénonçant les accusations précédentes sur le Ségur de la santé et en défendant les mesures prises par l’exécutif: "19 milliards [d’euros] pour les investissements. 9 milliards pour les rémunérations! Le plus gros effort jamais fait depuis la création de la sécurité sociale... Mais que ne l’avez-vous fait avant? Que ne l’avons-nous fait! Enfin!".

Conséquences du manque de soignants

Après deux ans de crise sanitaire, le système hospitalier connaît démissions et absentéisme de nombreux infirmiers et aides-soignants.
L’alerte a été donnée le 5 octobre par le Conseil scientifique qui a annoncé la fermeture de 20% des lits dans les hôpitaux publics de l'Hexagone, faute de soignants pour s'en occuper.
Le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de Perpignan, Hugues Aumaître, a estimé auprès de France Bleu que le manque de soignants est l’une des causes qui pourraient rendre difficile à gérer la cinquième vague qui se précise en France.
Un avis également partagé dans une interview accordée le 14 novembre à L’Express par le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière (Paris), Éric Caumes, évoquant "des problèmes ces prochaines semaines".

La situation épidémique en France

La France a vu son taux d’incidence dépasser les 100 cas pour 100.000 habitants au 13 novembre dans 48 départements, indique Santé publique France (SPF). En Haute-Corse et en Ardèche, il se situe même au-delà de 200.
Interrogé le 16 novembre sur France Inter, Gabriel Attal a pourtant rejeté l’introduction éventuelle d’un reconfinement: "Il n’y a absolument aucun reconfinement qui est prévu aujourd’hui, ni de près ni de loin".
L’exécutif met en avant la couverture vaccinale du pays, plus élevée qu’en Allemagne ou en Autriche où le Covid circule activement. Toujours selon SPF, plus de 75% de la population française a été complètement vaccinée contre le Covid-19.
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