Critiquée par l’Onu sur le droit de manifester, la France s’en prend à Cuba pour une manif interdite

© AP Photo / Ismael FranciscoManifestation à Cuba
Manifestation à Cuba - Sputnik Afrique, 1920, 16.11.2021
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Le Quai d’Orsay a appelé le gouvernement cubain à respecter le droit de la population à manifester. Ce même droit a été restreint dans l’Hexagone lors de la crise des Gilets jaunes, d’après l’Onu. La manifestation a finalement été empêchée.
Lundi 15 novembre, des opposants au gouvernement cubain ont tenté d’organiser une manifestation afin de réclamer la libération d’opposants politiques. Les autorités ne leur ont pas donné l’autorisation de défiler. Dans un communiqué du 15 novembre, le ministère français des Affaires étrangères indique suivre "avec préoccupation" la situation et s’inquiète d’une potentielle atteinte aux droits de l’homme.
"Nous appelons le gouvernement cubain à garantir le droit de la population cubaine à se réunir et à manifester pacifiquement", indique le Quai d’Orsay.
Il s’aligne ainsi sur la Maison-Blanche qui avait dénoncé le même jour la volonté de La Havane de "faire taire" les manifestants en arrêtant des opposants.
La France avait toutefois elle-même été épinglée en 2019 par un groupe d’experts de l’Onu, lequel avait analysé le mouvement de contestation des Gilets jaunes depuis novembre 2018. "Plus de 1.700 personnes auraient été blessées à la suite des manifestations dans tout le pays", avaient-ils averti, critiquant l’"usage disproportionné" d’armes telles que les grenades ou les lanceurs de balles de défense.
Reconnaissant des "débordements" lors de certaines manifestations, ils craignaient que "la réponse disproportionnée à ces excès puisse dissuader la population de continuer à exercer ses libertés fondamentales". Ils ont également averti de la propension à interdire certaines manifestations "de manière arbitraire" ce qui peut "conduire à des dérives extrêmement graves".

"Opération ratée"

La manifestation prévue à La Havane et dans six autres provinces n’a finalement pas eu lieu, les autorités ayant déployé des policiers partout dans les rues et arrêté certains dissidents, selon l’AFP. Le gouvernement, qui accuse l’opposition d’être financée par Washington, a moqué une "opération ratée" pour déstabiliser le pays auquel il impose un blocus depuis plus de 60 ans.
Toujours lundi, le Parti communiste français a dénoncé une "plateforme qui regroupe toutes les organisations contre-révolutionnaires de Miami, relayée par des opposants intérieurs, et appelle ce jour à une marche pour changer le régime", appuyée par l’administration Biden.
"Comme au moment du coup d'État en Bolivie, sur les réseaux sociaux, une multitude de profils et de comptes basés à Miami sont apparus pour “dénoncer la dictature cubaine”", poursuit le communiqué.

Situation à Cuba

Le pays fait face à une grave crise économique marquée par une pénurie d’aliments et de médicaments, ce qui provoque un mécontentement grandissant au sein de la population. En juillet, de violentes manifestations avaient secoué l’île, faisant un mort et plusieurs blessés. Le gouvernement avait déjà accusé les États-Unis d’avoir accentué les tensions via les réseaux sociaux.
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