Zemmour fait de "l’écologie raciste", selon Pompili

© AP Photo / Christophe EnaBarbara Pompili
Barbara Pompili - Sputnik Afrique, 1920, 15.11.2021
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La ministre de la Transition écologique a taclé Zemmour sur RTL, lui reprochant ses positions sur la démographie africaine. Le polémiste avait fait le rapprochement entre surpopulation et réchauffement climatique.
Alors que la COP26 vient d’accoucher d’un accord controversé sur le changement climatique, l’écologie tente de se faire une place dans le débat présidentiel français.
Sur RTL, Barbara Pompili a ainsi critiqué la façon dont Éric Zemmour appréhendait le réchauffement climatique. La ministre de la Transition écologique a reproché au polémiste de lier la question de la démographique africaine à celle du changement climatique. Une approche "fausse et dénuée de toute rigueur scientifique", selon elle.
"Zemmour a réussi l'exploit de rendre l'écologie raciste. Il dit que le réchauffement climatique est dû à la démographie galopante, notamment en Afrique. C’est totalement faux. L’Afrique c’est 4% de nos émissions de gaz à effet de serre. Rien que la France, c’est déjà 1%", a déclaré la ministre sur RTL.
L’ancienne députée écologiste s’est refusée à qualifier Éric Zemmour de climato-sceptique, tout en affirmant qu’il racontait "n’importe quoi" en matière d’écologie.
Si elle n’a pas nié que certains pays émergents faisaient aujourd’hui partie des gros pollueurs, Barba Pompili a cependant ajouté que les pays européens et les États-Unis avaient "enclenché le dérèglement climatique", il y a une quarantaine d’années.

Le tabou démographique?

Éric Zemmour avait récemment fait le lien entre écologie et démographie sur CNews, déclarant que les enjeux climatiques n’étaient pas les mêmes sur une planète à 7 milliards ou sur une planète à 1 milliard d’habitants. Il avait pointé du doigt l’"explosion de la natalité" en Afrique comme en Asie.
Un constat entériné par certains chercheurs, qui appellent à prendre en compte les facteurs démographiques, au même titre que les facteurs économiques, pour cerner les causes des émissions de CO2.
"La démographie joue un rôle: à développement égal, un pays plus peuplé émettra davantage de gaz à effet de serre qu’un pays moins peuplé. Mais le niveau de vie et l’empreinte carbone de chaque habitant comptent encore davantage que le nombre: à population comparable, la Chine émet quatre fois plus de gaz à effet de serre que l’Inde", explique ainsi à France 3, François Gemenne chercheur du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).
La démographie galopante de certains pays peut notamment avoir un impact sur les pénuries d’eau et la déforestation. Pour protéger la forêt tropicale, la République démocratique du Congo (RDC) vient d’ailleurs de signer un accord en marge de la COP26, mettant l’accent sur la "transition démographique". Des politiques en ce sens doivent être adoptées à, l’horizon 2030.
En Europe, certains militants écologiques font d’ailleurs eux-mêmes le lien entre démographie et environnement, déclarant ne pas vouloir d’enfants pour le bien de la planète. Le phénomène touche en particulier les jeunes générations. Aux États-Unis, l’acronyme GINK ("Green Inclination No Kid") est même apparu pour qualifier ces personnes refusant de procréer par souci écologique.
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