"Ça va s'effondrer": Rémi Salomon alerte sur un manque critique de personnel

© AFP 2022 JEFF PACHOUDSoignants dans un hôpital français
Soignants dans un hôpital français - Sputnik Afrique, 1920, 14.11.2021
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Un nouveau cri d’alarme concernant le manque de personnel dans les hôpitaux français. Cette fois, c’est Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, qui constate cet état déplorable qui, selon lui, ne date pas d’hier.
Si plusieurs collectifs de professionnels de santé s’inquiètent ces derniers temps de ce qu’il se passe dans les établissements médicaux et alertent notamment sur certains services d’urgences qui ferment de plus en plus souvent, le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), souligne que cela fait des années que la France subit cette situation.
"Il y a deux ans, pendant la dernière épidémie de bronchiolite, j'alertais sur le fait qu'on envoyait des nourrissons à 200 km de Paris parce qu'on n'avait pas de places pour les hospitaliser. Il manque surtout du personnel infirmier, il y a aussi un manque de médecins, il y a des services d'urgences qui ferment faute de médecins, il y a des blocs opératoires qui ne tournent pas parce qu'on manque d'anesthésistes-réanimateurs et d'infirmières-anesthésistes", a-t-il déclaré sur Franceinfo.
M.Salomon constate notamment que "la situation à l'hôpital en ce moment est catastrophique" en région parisienne et est "très très inquiétante dans beaucoup d'autres régions". Évoquant les causes, le médecin estime que c’est la conséquence d'une politique de longue date qui consistait en ce que l’hôpital reçoive des moyens uniquement sur des critères budgétaires.
"On fixe le budget de l'hôpital a priori, sans tenir compte des vrais besoins", précise-t-il.
Vers un "effondrement de l'hôpital"?
D’après lui, ce manque de personnel est criant car certains doivent attendre aux urgences jusqu'à 24 heures pour pouvoir trouver de la place.
"Quand vous avez un AVC, il y a des traitements extrêmement efficaces qui doivent être faits dans l'urgence, mais aujourd'hui à Paris, 30% des lits dans les urgences neuro-vasculaires sont fermés faute de personnel, ça veut dire que quand vous avez un AVC, vous êtes dans le camion des pompiers et ils cherchent un lit, ils peuvent y passer du temps, donc c'est une perte de chance réelle pour le patient", a-t-il poursuivi.
Le professeur a peur d’un "effondrement de l'hôpital" si aucune mesure n’est prise pour aider les personnels de santé.
"Il faut donner des signaux très forts. […] On n'acceptera pas qu'un infirmier s'occupe de 15 patients. […] Ça va s'effondrer", a-t-il prévenu.
Une situation "au-delà de catastrophique"
Le 3 novembre, le Collectif Inter Urgences a dénoncé un état "au-delà de catastrophique" tant les fermetures de services se multiplient en France. Il a pointé entre autres les nombreux départs de soignants, épuisés par près de deux ans de crise sanitaire, ainsi que le surendettement de l’hôpital public. Le collectif regrettait qu’il y a 15 ans la France était le pays avec le meilleur système de santé alors qu’actuellement elle n’est même pas dans les 10 premières places.
Début octobre, une enquête menée par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a abouti au chiffre de 20% de lits forcés à être fermés par manque de personnel. Fin octobre, Olivier Véran a assuré dans Libération avoir pris les mesures nécessaires, notamment la création de places supplémentaires pour les études dans le secteur médical et les revalorisations salariales.
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