Des militants prennent à partie la préfète de Briançon au sujet de migrants

Briançon  - Sputnik Afrique, 1920, 12.11.2021
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Un tiers-lieu dédié à l’accueil et l’intégration de migrants à Briançon a fermé fin octobre, un mois après son ouverture, et la question de leur hébergement ne cesse de s'aggraver. La préfète des Hautes-Alpes a même été prise à partie par des activistes. L'afflux de ces migrants reprend en partie grâce à l'atténuation de la crise sanitaire.
Les Terrasses Solidaires, un tiers-lieu dédié à accueillir et à intégrer les migrants à Briançon (Hautes-Alpes), a dû fermer temporairement ses portes le 25 octobre car la jauge, 81 personnes, était de loin dépassée avec plus de 200 personnes.
Après la fermeture, des migrants, en majorité afghans, mais aussi venus d'Iran, d'Irak, d'Égypte ou du Maroc, comme le précise l'AFP, ont d'abord occupé la gare de Briançon, pendant une nuit, avant d’être accueillis dans une église. Puis la salle accordée par le diocèse a été de nouveau utilisée, poussant une trentaine d’entre eux à dormir sous des tentes.

Prise à partie

Alors que les températures sont négatives et que le problème de l'hébergement n'est toujours pas résolu, le 5 novembre, des membres d'un collectif de citoyens solidaires ont interpellé Martine Clavel, la préfète des Hautes-Alpes, "face au silence de l'État".
"Madame la préfète, qu'attendez-vous pour dialoguer avec nous? […] qu'attendez-vous pour mettre en œuvre les moyens à votre disposition? Pour mettre hors de danger, par des températures glaciales, les enfants, les femmes, les hommes qui sont dehors à la rue à Briançon depuis deux semaines?", crie un militant en allant à la rencontre de la responsable venue pour un rendez-vous de travail, sur une vidéo partagée par le collectif lundi sur YouTube.
Les militants l'ont accompagnée à l'intérieur en continuant de lui reprocher son inaction, soulignant que "les solidaires sont débordés" et que les gens courent un danger mortel dans la montagne. En réponse, l'élue a nié sa responsabilité en disant qu'elle "ne met pas des gens en danger dans la montagne".
Plusieurs associations demandent à l'État de gérer cette situation tendue, précise BFM TV.

Sa réponse

Après l'incident en question, Martine Clavel a adressé un courrier à l'association Tous migrants dans lequel elle dit que "des moyens supplémentaires ont été concentrés à la frontière afin d'entraver les passages illégaux, conformément aux lois régissant le droit au séjour en France".
La fermeture ayant été décidée "unilatéralement", "rien, ni matériellement, ni juridiquement" n'empêche l'association de rouvrir les Terrasses Solidaires, ajoute-t-elle.
"Les moyens mobilisés par l'État pour gérer l'occupation puis l'évacuation de la gare ne sont en aucun cas la reconnaissance d'une quelconque nécessité d'initier de nouveaux dispositifs d'accueil, ni même de reconnaître celui que vous avez mis en place et qui conforte l'attraction du Briançonnais pour les migrants", poursuit la préfète.
La préfecture a expliqué à BFM DICI ne pas avoir changé de position et n'envisager pour l'instant aucun dialogue.
Une manifestation est cependant prévue ce samedi afin de réitérer la demande des associations pro-migrants: mettre en place un système d’accueil d’urgence en complément du refuge solidaire de Briançon, annonce la station de radio Alpes 1.

Des sans-papiers à Briançon

Déjà à l'été, plusieurs associations avaient réclamé aux autorités un plan d'hébergement d'urgence car depuis l'hiver elles font face à "des dizaines" d'arrivées quotidiennes de sans-papiers à Briançon, relate l'AFP. Dans une lettre adressée à Martine Clavel, elles disaient que "le nombre de femmes et d'enfants a triplé depuis le début de l'année" parmi les nouveaux arrivants. Fin juin, l'association Tous migrants recensait quelque 2.000 personnes venues au refuge depuis janvier.
D’après la préfecture citée par l'AFP, "la situation […] à Briançon est liée à un double phénomène: d’une part, au moment où la crise sanitaire est moins aiguë, la reprise des flux migratoires au travers l’Europe par la route des Balkans, avec un niveau se rapprochant de celui de 2019, d’autre part, l’accroissement de l’offre d’hébergement des Terrasses Solidaires, offre bien identifiée des réseaux de passeurs".
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