Une femme transgenre prend la tête d'une antenne régionale d'un parti russe, une première

© Sputnik . Ilya PitalevUn drapeau LGBT (image d'illustration)
Un drapeau LGBT (image d'illustration) - Sputnik Afrique, 1920, 11.11.2021
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Dans l'Altaï, territoire éloignée de Moscou, une femme transgenre dirige désormais l'antenne régionale d'un parti politique mineur. Une nomination qui a été remarquée dans la capitale et qu'un député connu pour sa lutte contre les LGBT+ n'a pas manqué de condamner.
Une première en matière de LGBT+ vient d'avoir lieu dans le kraï de l'Altaï. L'antenne régionale du petit parti Initiative civique est désormais dirigée par Mme Ioulia Aliochina, 31 ans. Ses papiers l'attestent. Mais il n'y a pas longtemps, elle s'appelait Roman et était un homme, relate le quotidien Moskovski komsomolets.
La femme a été inspirée par l'exemple d'autres transgenres qui ont fait carrière en politique dans d'autres pays. Mais elle ne veut pas utiliser l'image LGBT+ dans son activité, souligne-t-elle. Ioulia "n'a pas de raisons d'avoir honte mais ne veut pas être un clown non plus".
En 2022, elle s'apprête à participer aux élections municipales dans l'Altaï.

Une réaction prévisible

Le député Vitali Milonov, connu pour son soutien à la loi contre la "propagande homosexuelle visant les mineurs", adoptée en 2013, et ses attaques régulières contre les LGBT+, a appelé à dissoudre le parti en question après un tel "déshonneur" et à prohiber les valeurs LGBT+ dans le domaine politique. Selon lui, elles ne peuvent pas constituer une partie de la vie politique car la sphère publique qui n’est pas soumise à une limite d'âge. Il a également appelé à interdire par la loi le changement de sexe.
Le même député s'est fait entendre en juillet dernier lorsqu'une chaîne de supermarchés russe, Vkusvill, a dû retirer une publicité montrant un couple de femmes. Celle-ci avait suscité l'indignation des conservateurs, et l’enseigne avait finalement présenté ses excuses, saluées par M. Milonov, qui l'avait qualifiée d'"immonde".
En 2014, Vitali Milonov, alors membre de l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg, avait demandé au ministre de la Culture d’interdire la tournée en Russie du gagnant du concours international Eurovision 2014, l’Autrichien Thomas Neuwirth, alias Conchita Wurst. Or, le représentant de l’artiste avait plus tard déclaré que l'information sur sa visite à Moscou n’était pas véridique.

Le chef du parti s'explique

Le Code pénal russe ne prévoit pas de responsabilité pour les relations homosexuelles ou le changement de sexe. L'article prévoyant une punition pour la sodomie en a été retiré en 1993. En 2013, le Parlement a adopté une loi ajoutant au Code des contraventions administratives un article prévoyant une responsabilité pour la "propagande des relations sexuelles non traditionnelles parmi les mineurs".
Andreï Netchaïev, fondateur d’Initiative civique, a répondu au député après le buzz déclenché. "L'une des principales dispositions du programme de notre parti est que nous sommes contre la discrimination selon l'appartenance ethnique, religieuse, raciale, sexospécifique ou selon la zone de résidence, y compris selon l'orientation sexuelle", a-t-il expliqué sur son compte Telegram.
Pour lui, son parti n'est pas celui de la communauté LGBT+ et toute personne partageant ses valeurs peut y adhérer, quelle que soit son orientation sexuelle.
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