- Sputnik Afrique, 1920, 10.11.2021
Crise migratoire Biélorussie-UE
Des milliers de migrants souhaitant se rendre dans l'Union européenne sont bloqués à la frontière avec la Biélorussie, suscitant d'importantes tensions.

L'Onu dénonce la réaction de la Pologne concernant la crise frontalière en Biélorussie

© REUTERS / MON / HandoutLa police et les gardes-frontières polonais bloquent des migrants
La police et les gardes-frontières polonais bloquent des migrants  - Sputnik Afrique, 1920, 11.11.2021
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Alors que l’UE tient un discours mitigé sur le financement de clôtures contre les migrants à la frontière polonaise, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés prône les valeurs de l’État de droit et fustige les violences et propos xénophobes à leur encontre.
L’afflux de réfugiés n’est pas une raison pour construire des murs et recourir à la violence à leur encontre, estime le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés Filippo Grandi.
S'exprimant devant le Parlement européen mercredi 10 novembre, il a déclaré que l’UE devait montrer l'exemple quant à la façon de gérer les migrations et a critiqué le "discours xénophobe" distillé par certains de ses membres.

Des défis qui ne justifient pas les violences

"Ces défis ne justifient tout simplement pas la réaction instinctive que nous avons vue dans certains endroits - le discours xénophobe irresponsable, les murs et les barbelés, les violents refoulements qui incluent le passage à tabac des réfugiés et des migrants", a-t-il signalé aux législateurs de l'UE sans cependant mentionner directement la Pologne.
"L'Union européenne, une union fondée sur l'État de droit, devrait et peut faire mieux et, en matière d'État de droit, continuer à être un exemple pour les autres."
Le discours du commissaire intervient en pleine crise migratoire à la frontière polono-biélorusse, où des milliers de migrants du Moyen-Orient se sont amassés, cherchant à entrer dans l'UE. Varsovie a envoyé des forces de police et militaires supplémentaires à la frontière, repoussant les migrants qui tentaient de percer les clôtures en barbelés.
Entre-temps, des responsables de l'UE envoient des signaux mitigés relatifs au financement des barrières à la frontière polonaise, la Commission européenne déclarant que l'argent peut être utilisé pour les infrastructures frontalières, mais pas pour les barbelés ou les clôtures.

La Commission dit non, le Conseil trouve cela "juridiquement possible"

"Notre position est que les financements européens ne doivent pas être utilisés pour financer ce type d'infrastructures - clôtures ou barbelés", a déclaré mercredi un porte-parole de la Commission européenne cité par Reuters.
Peu de temps après, le président du Conseil européen Charles Michel a envoyé un message différent, affirmant qu'il était "juridiquement possible" que l’UE finance "des infrastructures pour protéger les frontières", sans toutefois préciser la nature exacte de ces infrastructures.
"C'est une décision qui doit être prise par la Commission, mais dans tous les cas, l'avis juridique du Conseil est très clair", a déclaré M.Michel.

Flambée de la crise

La crise migratoire actuelle a été déclenchée en juin lorsque le Président biélorusse Alexandre Loukachenko a annoncé que son pays ne retiendrait plus les migrants cherchant à rejoindre l'UE. Cette dernière a accusé les responsables de la sécurité biélorusses de soutenir ceux qui tentent le passage.
La crise s'est intensifiée lundi lorsqu'une grande caravane de migrants, principalement originaires du Moyen-Orient, a tenté de prendre d'assaut la frontière, provoquant une réaction violente de l'armée et de la police polonaises et déclenchant une nouvelle guerre des mots entre Bruxelles et Minsk.

Varsovie évoque une attaque hybride, le Kremlin dénonce

Le 9 novembre, le Premier ministre polonais a accusé Vladimir Poutine d'orchestrer la situation, avertissant que cette attaque "hybride" risquait de déstabiliser l'Union européenne.
Selon lui, le Président biélorusse est l’exécutant et le commanditaire se trouve à Moscou.
La Biélorussie a dénoncé ces accusations "sans fondement" et a jugé que la Pologne, membre de l'UE, violait les droits de l'Homme en ne laissant pas les migrants entrer sur son territoire. Le 10 novembre, le Service biélorusse des gardes-frontières l’a accusée d’avoir violenté quatre d’entre eux.
Répondant à ces accusations de la partie polonaise, le Kremlin a jugé ces déclarations "absolument irresponsables et inacceptables".
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